Retour à l'index du dictionnaire de philosophieA priori. Qui précède l'expérience, qui ne se fonde pas sur elle. Cette locution latine signifie «d'après ce qui est avant».

Qui ne dépend pas de l'expérience. Kant considère que l'espace et le temps sont des données qui appartiennent «naturellement», hors de toute expérience, à notre sensibilité. Sans elles, nous ne pourrions jamais rien connaître. Toutefois, Kant ne dit pas pourquoi ces données nous sont «naturellement» acquises...

Locution latine signifiant: «avant toute expérience».

Caractère de ce qui est totalement indépendant de l'expérience. S'oppose à «à postériori» ou «empirique».

Dans le vocabulaire de Kant, a priori signifie «qui ne dépend pas de l'expérience».

A priori. Se dit de ce qui est logiquement antérieur à l'expérience et indépendant d'elle épar exemple, chez Kant, l'espace et le temps sont les données a priori de la sensibilité).

«A priori» Expression latine qui signifie «avant l'expérience». Dans le vocabulaire kantien, désigne les connaissances aux facultés qui ne dépendent pas de l'expérience, qui sont innées.

Dans le langage courant, avoir un a priori sur quelque chose ou quelqu'un signifie juger avant de connaître. On peut ainsi avoir des a priori sur un pays étranger sans l'avoir jamais visité, ou encore sur une personne que l'on rencontre pourtant pour la première fois.
Le sens philosophique est toutefois plus précis et plus riche puisque l'expression veut littéralement dire « en partant de ce qui est avant » et ne se limite donc pas à l'idée de préjugé. Il s'agit alors de considérer ce qui, dans la connaissance, précède toute expérience en la conditionnant, c'est-à-dire ce qui la rend possible et en reste indépendant. Le problème n'est donc pas seulement chronologique : qu'est-ce qui se passe avant que nous soyons affectés par une expérience ? Il est logique : qu'est-ce qui fait que nous pouvons faire une expérience ? Le substantif est ici à prendre au sens le plus simple d'expérience sensorielle comme voir, toucher, entendre, etc. Pour connaître, il faut forcément commencer par avoir l'expérience sensible du monde. Ainsi, il nous est évidemment impossible de savoir quel est le goût d'un fruit exotique si nous n'en mangeons jamais. Pourtant, si le simple fait d'éprouver ce genre de sensation suppose bien sûr d'avoir des sens, il implique d'abord un cadre intellectuel antérieur à l'expérience elle-même et qui la conditionne. Nos organes des sens nous donnent ainsi des informations que notre entendement permet a priori de traiter. Autrement dit, nous possédons un cadre mental nécessaire et universel qui structure toute expérience possible.
C'est Emmanuel Kant qui développe cette théorie dans la Critique de la raison pure, en expliquant que l'espace et le temps sont, avec les catégories de l'entendement (quantité, modalité, relation...), ce que le sujet pensant lui-même introduit dans le monde pour faire et en avoir l'expérience. Dans cette perspective, nous ne connaissons a priori des choses que ce que nous y mettons nous-mêmes et, bien que toute notre connaissance ne commence qu'avec l'expérience, elle n'en dérive pas intégralement, contrairement aux affirmations des empiristes.

A priori / a posteriori

Avant ou après l'expérience, c'est-à-dire indépendamment de toute expérience ou d'après une expérience. En logique, l'expression a un sens spécial puisqu'en l'absence générale d'expérience, le raisonnement a priori est celui qui va du principe à la conséquence, et l'a posteriori celui qui fait l'inverse. Le couple a priori/a posteriori joue un rôle central dans la Critique de la raison pure de Kant, qui soutient que non seulement nous sommes capables de connaissance a priori sous l'espèce de deux types de jugements (analytique a priori et synthétique a priori) mais aussi que l'espace et le temps sont les formes a priori de la sensibilité au travers desquelles est effectuée la réception des données des sens. Contre Kant, le refus du jugement synthétique a priori caractérise l'empirisme ancien et moderne, qui affirme que toute connaissance du monde provient des sens et est donc a posteriori.