Retour à l'index du dictionnaire de philosophieABSURDE (lat. absurdus, qui a un son faux; d'où, incohérent)

Log. Contradictoire, en désaccord avec les règles logiques. Ainsi, un raisonnement est absurde quand sa conclusion est contraire à ses hypothèses de départ. Le raisonnement par l'absurde est la démarche qui consiste à rappeler qu'entre deux hypothèse contradictoires, si l'une est vraie, l'autre est nécessairement fausse, et à démontrer la vérité de l'une des deux hypothèses en dégageant les conséquences incohérentes auxquelles l'hypothèse contraire aboutirait.
Exist. Ce qui est sans raison et n'a pas de sens. L'existence est absurde parce qu'il est impossible de la justifier rationnellement. Sa vie n'ayant pas de raison a priori, l'homme est condamné, par son action, à lui donner un sens. Cf. Kierkegaard, Camus, Sartre.

Du latin absurde, «qui sonne faux», «qui choque la raison». Ce qui n'a pas de sens c'est-à-dire ni signification, ni direction), qui est aveugle, sans but.

ABSURDE. adj. Contraire à la raison, insensé, illogique, impossible. Des propos, des projets absurdes. Des gens absurdes.
n. m. Ce qui est absurde. Le sentiment de l'absurde de la condition humaine. Pour Camus, notamment, l'esprit humain désire que toute chose ait un sens, alors que le monde n'a pas de sens : de cette confrontation naît la conscience de l'absurde, que l'homme doit assumer.
Démonstration par l'absurde : démonstration qui prouve la validité d'une proposition en montrant que la thèse inverse aboutit à des conséquences absurdes.

On dit d'un jugement ou d'un acte qu'ils sont absurdes lorsqu'ils semblent dépourvus de sens. Sous ce rapport, un comportement est absurde quand il intervient de manière impulsive ou irréfléchie, de même qu'un problème est absurde s'il ne présente aucun caractère rationnel. Par exemple, il est absurde de chercher l'âge du capitaine en additionnant celui de son bateau avec le nombre d'hommes d'équipage.
Ce qui est absurde doit cependant être distingué de ce qui n'est pas vrai. En effet, une proposition fausse n'est pas nécessairement absurde. Si je déclare que Napoléon a été vaincu à Austerlitz, c'est faux, mais pas impossible en soi, ce qui implique que je déroge seulement ici à la vérité historique et non aux lois de la logique". En revanche, si je dis que l'Empereur a été à la fois militairement défait et vainqueur dans la bataille, je suis dans l'affirmation conjointe d'une chose et de son contraire. Il y a donc dans l'absurdité prise du point de vue logique une violation du principe de non-contradiction. On parle pourtant parfois de « démonstration par l'absurde » mais il s'agit simplement d'un raisonnement validant une proposition dont la négation produirait précisément une contradiction. Son principe est que ce qui ne peut être faux doit être vrai.
Enfin, il faut ajouter que ce n'est pas seulement dans le cadre logique que la philosophie s'interroge sur l'absurde. En effet, cette notion est également invoquée dans le questionnement sur l'existence. Face à l'impossibilité de trouver un sens au monde et à l'homme jetés là sans projet, on peut être tenté de tout concevoir comme une absurdité ou une « passion inutile », comme l'écrit Sartre dans L'Être et le Néant.