Retour à l'index du dictionnaire de philosophieAME (lat. anima, souffle, principe vital; animus, esprit)

Phi. L'explication vitaliste et finaliste de l'organisation du vivant utilise le concept d'âme au sens d'anima pour désigner l'entéléchie- première d'un corps naturel organisé, c.à -d. le principe du mouvement et de la sensation, donc de la vie. Ainsi, Aristote définit l'âme comme principe vital qui informe la matière et l'organise, tandis que Descartes tentera de promouvoir une explication strictement mécaniste du vivant en séparant radicalement l'âme et le corps. Dès lors, l'âme ne sera plus conçue comme principe de vie mais comme faculté de penser propre à l'homme. Considérant matière et pensée (res extensa et res cogitans) comme deux substances hétérogènes, le dualisme cartésien rend ainsi possible la connaissance moderne du vivant selon les seules lois physico-chimiques.
Théol. L'âme, pour les chrétiens, immatérielle, persiste au-delà de la mort du corps.

ÂME. n. f (du latin anima , «vie», « âme » au sens n° 1).
1° Sens religieux. Principe spirituel de l'homme, considéré comme pouvant se séparer du corps, devenir immortel et être jugé (damné ou sauvé) par Dieu. Vendre son âme au diable. Dieu ait son âme. 2° Sens philosophique (courant). L'esprit, la pensée, la conscience, par opposition au corps. Se donner corps et âme.
3° Sens proprement moral. Conscience du bien et du mal; principe de la vie morale. J'ai l'âme en paix. La grandeur d'âme. 4° Sens psychologique large. Ensemble des états intérieurs; psychisme, affectivité . L'état d'âme. J'ai du vague à l'âme.
5° Être vivant, personne. Une ville de vingt mille âmes. Venez, mon âme.
6° Sens figuré. Force ou esprit qui anime une réalité, humaine ou non. L'âme d'un peuple. Il était l'âme de ce complot. L'âme de la forêt.


Voir animisme , anthropomorphisme , dualisme, Spiritualisme.

Âme. L'âme désigne originellement le « souffle vital », anima en latin, psychè en grec. Psychè est dérivé de psycho qui signifie « je souffle », au sens de respirer. On a conservé de cet usage l'idée que ce qui vit est comme traversé par un souffle le mettant en mouvement, c'est-à-dire, l'animant. L'âme a bien évidemment une connotation religieuse en tant que principe incorruptible opposé au corps. Dans les trois religions du Livre, elle constitue ainsi un principe d'identité transcendant la matière et que nos actions terrestres contribuent à élever ou à dégrader sur un plan moral, nous rendant comptables devant l'Éternel.
Les anciens distinguaient différentes formes d'âmes. Aristote prêtait une âme aux plantes et aux animaux en tant qu'êtres vivants, mais réservait à l'homme seul la possession d'une âme pensante. Il considérait ainsi que les végétaux n'ont qu'une âme nutritive tandis que les animaux ont, en plus, une âme sensitive et motrice, que l'on retrouve également chez l'être humain, qui se distingue toutefois spécifiquement par la pensée.
Après avoir progressivement dépouillé le terme de sa dimension métaphysique, la modernité en limite la plupart du temps l'usage à tout ce qui se rapporte à des faits psychiques au sens large. On a donc désormais tendance à parler d'âme comme synonyme de l'esprit, sans l'invoquer comme une substance séparée du corps, voire antagoniste. À ce titre, la psychologie est la science de l'âme perçue simplement comme équivalent à la conscience.