Retour à l'index du dictionnaire de philosophieANGOISSE (lat. angor, de angere, étrangler)

Gén. Sentiment d'oppression qui n'a pas de cause clairement déterminée, contrairement à la peur qui est toujours relative à un danger précis et connu.
Méta. Les existentialistes font de l'angoisse un sentiment métaphysique révélateur de l'absurdité de l'existence et expressif de notre inquiétude face à la mort, face au néant.

Malaise fait d'un sentiment d'inquiétude relative à un avenir incertain et au sentiment de notre situation d'être mortel.

ANGOISSE EXISTENTIELLE. Expression philosophique décrivant le malaise de l'homme en face de sa condition mortelle. Inquiétude métaphysique, sentiment de l'absurde.
ANIMA/ANIMUS. Mots latins qui signifient tous deux «âme», « esprit », mais avec des nuances que certains philosophes ou psychologues ont grossies pour en faire des archétypes complémentaires du psychisme humain.
Déjà, en latin, les mots s'opposent. L'anima est l'âme en tant que souffle, la vie qui anime; elle peut même se séparer du corps (voir sens n° 1 du mot âme). L'animus se distingue aussi du corps, mais il est surtout l'esprit, l'âme en tant que volonté et siège de la pensée. Bien que ces mots puissent être synonymes, bien qu'ils désignent une même réalité psychique de l'être humain, ils ont pu servir à en opposer deux faces : la face «féminine» en quelque sorte — l'anima — plus vive, plus sensible, et la face « masculine » — l'animus —plus rationnelle, plus volontaire.
À partir de cette distinction, le psychiatre Jung tenta d'établir que l'inconscient de tout être humain se constitue de deux archétypes complémentaires — l'anima et l'animus —, aux proportions variables selon le sexe auquel on appartient. Ainsi, l'homme n'est pas seulement constitué d'animus (part - masculine »), mais aussi d'une part de sentimentalité, d'irrationnel, d'intuition, de tendresse qui sont l'apanage de l'anima. De même, la femme ne se constitue pas seulement d'anima, mais aussi d'une part de volonté, de puissance, de rationalité, d'agressivité typiques de l'animus. Homme et femme, en dépit du rôle social que la distinction des sexes leur impose, sont donc l'un et l'autre secrètement animés par le principe vital complémentaire, qu'ils ont trop souvent le tort de ne pas vouloir reconnaître au fond d'eux-mêmes. La véritable harmonie de chacun, comme des couples, ne saurait s'accomplir sans cette reconnaissance.