Retour à l'index du dictionnaire de philosophieANTINOMIE (gr. antinomia, contradiction dans les lois)

Opposition entre deux propositions contradictoires qu'il est possible de démontrer toutes les deux avec une égale rigueur, et qui met la raison en conflit avec elle-même. Selon Kant, contradiction dans laquelle tombe la raison dès lors qu'elle cherche des certitudes en dehors des limites de ses possibilités de connaissance, et qu'elle s'obstine à  dépasser l'ordre des phénomènes et à  vouloir atteindre l'absolu.

Contradiction entre deux systèmes s'appuyant sur des arguments d'égale puissance.

ANTINOMIE. n. f Contradiction, incompatibilité logique ; conflit entre notions, idées ou thèses. Il y a antinomie entre le dirigisme et le libéralisme économique. Pour Sartre, la liberté de l'homme et l'existence de Dieu sont antinomiques.

Antinomie. Concept de la philosophie kantienne désignant une contradiction de la raison avec elle-même. La raison se trouve en présence de deux thèses contradictoires reposant sur des preuves également convaincantes. Par exemple : « le monde a un commencement dans le temps et il est aussi limité dans l'espace » et « le monde n'a ni commencement ni limite dans l'espace, mais il est infini aussi bien dans que dans l'espace ». Selon Kant, la raison est par nature hors d'état de résoudre de tels problèmes qui dépassent l'expérience humaine.

Antinomie
Juridiquement, une antinomie relève d'une contradiction réelle ou apparente entre deux lois (nomos veut dire « loi » en grec). Par exemple, on parle d'antinomie si un texte autorise, voire prescrit, ce qu'un autre interdit. Philosophiquement, ce concept est employé par Kant pour décrire la situation conflictuelle dans laquelle se trouve la raison lorsqu'elle s'interroge sur l'inconditionné qu'elle postule derrière les phénomènes, en les traitant comme des réalités en soi, alors qu'ils nous demeurent précisément inaccessibles sous ce rapport.
Les antinomies s'équilibrent entre des thèses et des antithèses également sans issues mais, selon Kant, leur examen ne doit pas avoir pour finalité de se prononcer en faveur d'un parti ou d'un autre, ce qui n'est pas possible, mais de rechercher si ce qui les fait apparaître ne relève pas tout simplement d'une illusion nécessaire.
Voici un exemple d'antinomie soulevée par la question : Le monde a-t-il un commencement dans le temps et est-il fini dans l'espace ? La thèse implique sa naissance et sa finitude en s'appuyant sur un argument : pour éviter une régression à l'infini, il faut bien un commencement et une limitation spatiale (le monde part bien d'un moment et s'arrête quelque part). Ajoutons que si le monde existait de toute éternité, comment serions-nous arrivés à « aujourd'hui » si un hier éternel préside au temps cosmologique ? L'antithèse ne peut se satisfaire de cette position et ne parvient pas à se représenter un monde surgissant du néant .et s'arrêtant en un point plutôt qu'un autre. La raison se trouvant dans l'incapacité de départager ces deux points de vue, elle ne peut que constater leur existence nécessaire et en tirer des conclusions sur sa propre limitation.

Antinomie

L'antinomie est une contradiction. Le mot prend une valeur particulière dans la philosophie de Kant qui montre que ce qu'il nomme la raison, en s'engageant toujours au-delà des limites de la connaissance des phénomènes qui est la seule capable de fournir des certitudes, ne peut que se heurter à des contradictions. Cherchant en effet de l'inconditionné dans les phénomènes, la raison débouche nécessairement dans la cosmologie rationnelle sur des contradictions indécidables : par exemple, « Le monde a un commencement dans le temps » et « Le monde n'a pas de commencement dans le temps ». Kant appelle l'ensemble de ces contradictions l'« antinomie de la raison pure ».