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Aporie (Du grec aporia ; «impasse; sans issue»).

Difficulté en principe impossible à surmonter.

APORIE. n. f (du grec aporia, «situation sans issue »). Se dit d'un raisonnement logique aboutissant à une contradiction insoluble. Il y a aporie lorsque les deux conclusions (opposées) auxquelles conduit le raisonnement semblent également logiques. Par exemple, il semble logique de penser qu'à l'origine d'une poule, il y a l'oeuf dont elle est sortie. Mais à l'origine de l'oeuf, il y avait forcément la poule qui l'a pondue. Qu'est-ce donc qui est à l'origine, la poule ou l'oeuf ?
L'aporie n'est parfois qu'un raisonnement provisoire : il faut trouver un élément supplémentaire qui permette de poser la question autrement (par exemple, les principes de l'évolutionnisme résolvent l'aporie de la poule et l'oeuf). Mais les philosophes ou les écrivains adorent poser certains problèmes sous forme d'apories, pour stimuler leurs lecteurs et interlocuteurs... ou les embarrasser (ce fut le cas de Socrate).


Une aporie est un problème auquel nous ne pouvons apporter de solution. Étymologiquement, c'est l'absence de chemin, la voie sans issue qui nous mène dans l'impasse. Une conception est dite aporétique quand elle s'enracine sur des apories ou qu'elle en produit.
Philosophiquement, l'aporie est souvent moins une limite interne pour la pensée que l'occasion dialectique de surmonter ses propres difficultés. C'est généralement ainsi que les dialogues platoniciens sont construits : l'examen d'une question semble d'abord nous contraindre à un aveu d'impuissance, puis l'on s'aperçoit que c'est plutôt une mauvaise formulation accompagnée de définitions trompeuses qui brouillent le bon usage de la raison.