«L'homme est un animal rationnel» Aristote, Les Politiques (IVe s. av. J.-C).


En définissant l'homme comme un «animal rationnel», Aristote à la fois pose le propre de l'homme et inscrit celui-ci dans l'ordre naturel au même titre que les autres êtres. Pour Aristote, la nature, c'est le monde dans son ensemble, et à ce titre tout ce qui est produit par l'homme (c'est-à-dire la culture) en fait partie.
L'homme garde une spécificité, notamment parce que c'est l'être dont la structure est la plus complexe: là où les autres êtres animés n'ont qu'une âme végétative ou sensitive, l'homme a un troisième degré de développement, qui est son âme intellective ou sa raison. Par elle, il a les notions abstraites, le sens de la justice et non simplement du plaisir ou de la douleur personnelle, et il a le langage articulé. C'est pourquoi aussi il est un «animal politique».
Une version moderne de cette idée peut mener à l'éthologie (science peu aristotélicienne), qui étudie les comportements humains et les productions culturelles comme s'il s'agissait de comportements animaux.

L'homme est un animal politique : il se réalise avant tout dans la communauté politique et ne saurait être compris en dehors de ses relations avec ses semblables. Éthique et politique sont étroitement liées : le but final de la cité est d'assurer le bonheur et la vertu des citoyens par la domination des lois ; l'éthique détermine la nature et les fins de l'acte vertueux en vue du bonheur, qui s'atteint dans 1' exercice de sa pensée et de son être social, c'est-à-dire dans la pratique habituelle de la recherche intellectuelle et l'amitié.