Retour à l'index du dictionnaire de philosophieAUTONOMIE (gr. auto, régi par ses propres; nomos, lois)

Phi. pol. Si l'anarchie est le refus de toute loi, l'autonomie politique, au contraire, est capacité de se donner à soi-même les lois auxquelles on obéit. « L'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté » (Rousseau).
Mor. L'autonomie est, selon Kant, la capacité de la volonté d'être à elle-même sa propre loi, de ne pas se déterminer en fonction d'un principe extérieur à elle. En effet, les actes d'un sujet n'ont aucune moralité lorsqu'il se contente d'obéir à une loi imposée du dehors, de se soumettre à une contrainte (hétéronomie). La moralité d'un acte suppose que le sujet qui agit soit législateur de sa conduite. Devoir, obligation.


(Du grec auto, «soi-même», et nomos, «la loi»). Pouvoir de se donner soi-même à soi-même sa propre loi. L'autonomie est la maturité de la conscience.
Autonomie de la volonté Caractère de la volonté qui se détermine par pur respect de la loi édictée par la raison indépendamment des intérêts.
Caractère de la volonté pure qui ne se détermine qu'en vertu de sa propre loi, laquelle est de se conformer au devoir édicté par la raison pratique. Elle s'oppose, à la fois, à l'emprise des impulsions et à l'obéissance servile aux règles d'une autorité extérieure.
En grec, autonomos signifie « ce qui se gouverne selon ses propres lois ». L'autonomie est donc la capacité à obéir seulement aux règles qu'on se prescrit soi-même. Mais envisagée uniquement ainsi, l'autonomie induit une double ambiguïté. On risque d'abord de la réduire à l'indépendance et, par ailleurs, elle semble potentiellement impliquer, sinon la négation, du moins l'oubli de l'autre. En effet, s'il s'agit de se gouverner selon ses propres lois, quel besoin avons-nous de prendre en compte l'altérité ? Bien plus, si l'autre décide aussi de suivre ses propres lois, comment éviter le conflit et la violence ?
Ces questions se résolvent à partir du moment où l'on considère que l'autonomie renvoie bien au sujet conçu comme être rationnel et pas seulement à l'individu, dont les désirs et les aspirations peuvent être contradictoires avec ceux des autres. En tant que sujet, nous nous retrouvons dans tout autre parce qu'il jouit comme nous de la raison. Par contre, en tant qu'individus, nous nous en distinguons affectivement et risquons toujours pour cela de sombrer dans la rivalité. Or, précisément, obéir à la loi que je me donne moi-même comme sujet doit me conduire à m'accorder avec la loi que les autres se prescrivent sous le même rapport. Pour le dire autrement, la véritable autonomie ne repose pas sur des lois personnelles, mais sur une dimension universelle : tout sujet autonome peut retrouver, dans la détermination de son action, les lois auxquelles l'ensemble de l'humanité est capable d'obéir en suivant la raison.
Le contraire de l'autonomie est l'hétéronomie, c'est-à-dire la soumission à une autorité extérieure ruinant notre liberté (les passions, les désirs, la force, par exemple).

Autonomie / hétéronomie

Littéralement, d'après l'étymologie grecque, une règle ou une loi (nomos) qui provient de soi (auto-) ou qui provient de l'extérieur de soi, d'un élément « autre » que soi (hétéro-). La distinction entre hétéronomie et autonomie est centrale dans la philosophie morale de Kant. Est hétéronome tout Bien défini à l'extérieur du sujet moral et auquel il doit se soumettre. Or, soutient Kant, si la morale ne peut être fondée que sur la liberté du sujet, la voie de l'hétéronomie, loin de pouvoir fonder la morale ne peut que la ruiner. Seule l'autonomie peut avoir un sens moral : la volonté découvre qu'elle est une volonté autonome, et qu'elle est morale dès lors que nulle nécessité et nulle contrainte extérieure ne pèsent sur elle. L'autonomie recèle au moins deux difficultés à clarifier pour éviter une incompréhension. D'une part, elle n'est pas une donnée immédiate de l'existence humaine : on devient autonome, au sens où devenir un sujet, c'est devenir un être autonome, c'est passer d'un état d'apprentissage et de « minorité » où l'on est sous la coupe d'une loi hétéronome (comme celle des parents ou des éducateurs, par exemple) à un état d'autonomie où l'on devient pleinement responsable. D'autre part, l'autonomie n'est pas morale au sens où décider de n'importe quelle règle à s'appliquer à soi-même suffirait à rendre celle-ci morale : l'autonomie kantienne est la découverte d'une loi morale en soi en même temps que celle de la liberté conçue comme pouvoir d'obéir à cette loi.