Retour à l'index du dictionnaire de philosophieAUTORITE (lat. auctoritas, de augere, augmenter, accroître)

Pouvoir de commander et de se faire obéir. L'autorité n'est pas la force car elle exclut l'usage de moyens extérieurs de coercition. On lui obéit volontairement dans la mesure où l'on reconnaît sa légitimité, alors qu'on cède à la force sous la contrainte. Ainsi, celui qui doit recourir à la force pour affirmer son ascendant reconnaît par là même qu'il a perdu toute autorité. Pour autant, l'autorité n'a pas non plus besoin de persuader qu'on doit lui obéir, puisqu'elle suppose une hiérarchie qui n'est pas l'objet d'une discussion d'égal à égal.
Argument d'autorité. Argument fondé sur le prestige moral ou intellectuel et accepté au nom de cette autorité, sans discussion ni démonstration. L'esprit libre ne lui accorde aucune légitimité.

AUTORITÉ. n. f. 1° Au sens courant, l'autorité est le droit de commander (l'autorité du supérieur), la capacité de se faire obéir (ce professeur manque d'autorité), l'ascendant ou l'influence que peut avoir quelqu'un sur son entourage (il s'impose par une sorte d'autorité naturelle), la personne elle-même qui exerce l'autorité (vous devrez en référer aux autorités). L'abus d'autorité se nomme autoritarisme.
2° Au sens littéraire ou philosophique, l'autorité, c'est ce qu'a établi durablement un « auteur » reconnu. Le mot auteur en effet, originellement (en latin), signifie : «qui est à l'origine de quelque chose, qui en répond, qui en est le garant ». Les grands auteurs ou les grands textes étaient donc considérés comme faisant autorité; ils n'étaient pas discutables ; il suffisait de les citer pour prouver une proposition (cf. les médecins de Molière et leurs citations latines). On appelait cela l'argument d'autorité ou le principe d'autorité. Ce principe a été battu en brèche dès le XVIIIe siècle (et même avant) par l'émergence de la raison et de l'examen critique. L'idée d'autorité reste néanmoins vive, notamment dans les sciences, où elle se fonde maintenant sur la connaissance expérimentale et rationnelle : c'est moins la personne du savant qui «fait autorité» que la qualité objective de ses travaux.


L'autorité est le pouvoir de diriger ou de commander. Elle peut reposer sur un droit concédé et reconnu à une institution et à ses représentants, ou bien relever de l'arbitraire pur et simple. Dans ce dernier cas, on parle d'autoritarisme. On dit encore qu'on se trouve en présence d'un argument d'autorité lorsqu'on se sert du nom prestigieux d'un spécialiste ou d'un savant pour se dispenser d'avoir à établir soi-même une démonstration et se dérober ainsi à toute critique.