Retour à l'index du dictionnaire de philosophieBONHEUR (lat. ougurium, chance, augure, présage)


Le bonheur, si l'on en croit l'étymologie (bon heur), ne peut être que l'effet de la chance, le produit de circonstances favorables. Pourtant, l'eudémonisme ancien prétend faire du bonheur le souverain bien, la fin dernière de notre activité qu'il dépendrait de nous de pouvoir atteindre. Or, cet état de satisfaction complète qui distingue le bonheur du plaisir des sens parce qu'il est toujours accompagné de la certitude de durer semble si difficile à  définir qu'on peut le considérer avec Kant comme un idéal de l'imagination plutôt que comme une fin susceptible d'être rationnellement recherchée.

État de satisfaction parfaite, de contentement du corps, du coeur et de l'esprit.


Le bonheur est l'état de satisfaction et de félicité auquel tout être humain aspire. L'étymologie le relie à la bonne chance (heur), ce qui indique déjà son caractère contingent et capricieux. Si, intuitivement, nous pensons tous savoir ce qu'est le bonheur, la difficulté majeure consiste à nous accorder sur les moyens d'y accéder et la place qu'on lui octroie. Par ailleurs, le bonheur semble relever d'un idéal inaccessible, dans la mesure où nous le définissons souvent par ce qui nous manque (pauvres, nous souhaitons la richesse, ou laids, la beauté, par exemple). On peut également ajouter que le bonheur suppose un état durable, là où le passage du temps implique au contraire sa discontinuité. Certaines philosophies placent le bonheur au coeur de leur système. On parle alors d'eudémonisme. Ainsi, la préoccupation de savoir comment mener une vie heureuse est commune à Aristote, Épicure ou les stoïciens bien qu'elle diverge dans ses principes et ses conséquences.