Retour à l'index du dictionnaire de philosophieCOEUR (opposé à  raison)


Toute une tradition spirituelle définit le coeur depuis Maître Eckhart comme la «fine pointe de l'âme ». Pour Pascal, il est avant tout une faculté d'amour. Il peut se tourner vers les choses du monde (concupiscence) ou vers Dieu (« Dieu sensible au coeur ») selon sa logique propre, différente de celle de l'esprit. Cependant, il est aussi faculté de connaissance : ce que je ne connais ni par le témoignage des sens ni par la raison, je peux le saisir par le coeur. En effet, Pascal et les jansénistes acceptent d'appeler « vraies » des vérités indémontrables et qui ne tirent pas non plus leur certitude de l'expérience . La raison, faculté de connaître discursive, n'est donc plus ici que la faculté de conclure : c'est le coeur, alors appelé faculté de connaître intuitive, qui saisit les principes premiers, et qui sait avec une entière certitude ce que la raison tenterait en vain de prouver. Le coeur persuade là  où la raison est impuissante à  convaincre.

CŒUR. n. m. 1° (sens figuré, courant) Sensibilité, générosité. Lieu de l'affectivité , de l'amour, de la bonté.
2° (sens classique, général) Courage (chez Corneille notamment). Sens classique particulier, chez Pascal : conscience spirituelle, intuition supérieure qui, par opposition à la raison, permet de « sentir » les plus hautes vérités, notamment la présence de Dieu. C'est en ce sens que Pascal écrit : «Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point » ou encore, « Dieu sensible au cœur, non à la raison ».