Retour à l'index du dictionnaire de philosophieCOMPLEXE. n. m. Sens psychanalytique : ensemble de tendances affectives et de représentations généralement inconscientes, liées à l'histoire de la petite enfance, et qui produisent des effets puissants sur les fantasmes (les rêves), les émotions et les conduites de la personne, parfois même des troubles psychiques.
Comme le mot l'indique, les complexes sont des enchevêtrements d'affects difficiles à démêler, mais non dénués de cohérence. C'est à tort que, dans le langage courant, on emploie le mot « complexe » pour désigner les petits problèmes de quelqu'un (généralement un sentiment d'infériorité ou une vexation) en l'accusant «d'avoir des complexes». Les complexes sont en effet présents en chaque personne, sans pour autant entraver sa vie psychique, et souvent même en la stimulant. Il existe même deux complexes-types auxquels, selon Freud, aucun n'être humain n'échappe :
— le complexe de castration (peur d'être castré chez le jeune garçon; sentiment d'avoir été «mutilée» par la nature chez la petite fille, avec désir d'obtenir ce que les garçons paraissent avoir «en plus»);
— le complexe d'Oedipe (désir de posséder le parent de sexe opposé et donc, d'éliminer le parent de même sexe, devenu un rival gênant ; culpabilité et crainte d'être puni en raison de ce double désir, — l'ensemble étant refoulé dans l'inconscient).

Complexe d'Œdipe

Théorie de Freud, se référant à la pièce de Sophocle Œdipe-roi rapportant la légende d'Œdipe tuant son père et prenant sa mère pour femme, désignant une construction psychique (et non une réalité !) du petit garçon, qui sera le noyau nucléaire de toute névrose. Ce lien sentimental au parent du sexe opposé allié à une attitude de rivalité envers le parent du même sexe sera non seulement un moment de la constitution du pyschisme selon Freud, mais aussi une disposition durable du sujet.