Retour à l'index du dictionnaire de philosophieCONNAISSANCE (lat. cognoscere, chercher à  savoir) Le terme de connaissance désigne d'abord l'acte par lequel la pensée s'efforce de saisir et de définir un objet qui se présente à  elle. Il désigne ensuite le savoir résultant de cette action. On oppose principalement croyance et connaissance, non par le degré de certitude éprouvé soit par le sujet qui croit, soit par le sujet qui connaît, mais par le fait que la croyance n'est pas nécessairement fondée en raison, autrement dit n'implique pas nécessairement l'idée de vérité.

Connaissance Là où l'anglais n'a qu'un seul mot: «to know», le français distingue deux types de connaissance: savoir, qui est  suivi d'une proposition l'on sait QUE quelque chose se manifeste à nous, et, connaître, suivi d'un complément d'objet direct.

CONSCIENCE. n. f Faculté qu'a l'être humain de se connaître, de développer par la réflexion cette connaissance et de porter des jugements sur lui-même. Ces trois aspects sont liés, mais on peut néanmoins les distinguer pour mieux en voir les trois dimensions.
1° II y a d'abord la conscience psychologique. C'est la perception que nous avons de notre existence, la connaissance intuitive et spontanée, plus ou moins claire, de ce que nous sommes : je suis untel, je suis éveillé, je fais telle chose et je sais que je suis en train de la faire. Le contraire de cet état de conscience est précisément l'inconscience.
2° Il y a ensuite ce qu'on peut appeler la conscience philosophique : la capacité de réfléchir sur soi de façon systématique, d'étudier les caractères ou les dimensions de son être propre, de son être en tant qu'être humain, de sa relation au monde extérieur et aux autres. Pouvoir dire non seulement je suis conscient, mais mieux encore, je suis conscience. Cette dimension de la conscience de soi, considérée comme souveraine et fondatrice de la liberté de la personne, a été mise en cause par certains philosophes ou psychologues: K. Marx, par exemple, estime que la conscience « personnelle » est en réalité aliénée par sa situation sociale et l'idéologie qui la forme; Freud développe l'idée que la conscience apparente du sujet est manipulée par son « inconscient » et qu'elle n'est nullement «maîtresse dans sa propre maison ». Mais cela ne ruine pas l'idée que la conscience de soi existe et peut être développée.
3° II y a enfin la conscience morale, capacité de porter des jugements de valeur sur soi-même, sur sa conduite, sur sa pensée, sur ses désirs. Celle-ci ne peut effectivement avoir de sens que si les deux précédentes formes de conscience sont établies. Cette conscience est en fait la conscience du bien et du mal, l'idée de ce qui doit, aux yeux de chacun, orienter sa conduite. Pour les croyants, elle est en relation avec la présence de Dieu. Rousseau la nomme précisément « instinct divin ». «Il est donc au fond des âmes un principe inné de justice et de vertu, sur lequel, malgré nos propres maximes, nous jugeons nos actions et celles d'autrui comme bonnes ou mauvaises, et c'est à ce principe que je donne le nom de conscience. » (Profession de foi du Vicaire Savoyard).