Retour à l'index des Conseils méthodologiquesLA RÉDACTION DU DÉVELOPPEMENT


Le développement ne doit pas être l’objet d’une rédaction préalable au brouillon, les candidats ne disposent pas du temps nécessaire à cet effet.

Toutefois, pour les «candidats émotifs» et ayant tendance à s’affoler en cours de route, ou même pour les « rêveurs » qui ont tendance à laisser vagabonder leur imagination au cours de la rédaction, on ne saurait trop insister sur la nécessité de faire un plan détaillé au préalable. Il est même utile de rédiger, à l'avance, quelques phrases de transition, dont l'aspect rhétorique peut « bloquer » certains.

Ce plan détaillé doit comporter le canevas de la problématique (cf. le chapitre 3), mais aussi, à leur place respective, les exemples ( littéraires, scientifiques, historiques, ayant trait à la «vie courante », etc.) qui seront analysés dans le développement, les éléments des doctrines philosophiques sur lesquelles on compte s’appuyer dans l’argumentation, bref, tout ce qui permettra de contrôler son argumentation et évitera les glissements hors-sujet dans le cours de la rédaction.

Les conseils formels de présentation ont été développés ici. Ajoutons quelques petits conseils :

> Ne jamais commencer un paragraphe par des formules du type :

« Kant dit bien dans La Critique de la Raison pure...»;« Descartes répond à la question...». Cela donne la désastreuse impression que le candidat procède «par auteurs», qu'il substitue à la démarche personnelle la liste des opinions des philosophes illustres. Faire une doxographie ne saurait tenir lieu de dissertation ! Il faut donc toujours avancer l’idée que l’on compte développer en premier lieu, et introduire ensuite, si nécessaire, la référence philosophique susceptible de venir étayer et étoffer l’idée que l’on avance. Cela peut se faire rhétoriquement avec des expressions du type: «c’est bien ce qu'avance Descartes lorsqu’il dit...». Ce n’est pas un simple conseil formel, cela oblige le candidat à faire un travail d’adaptation de ses connaissances philosophiques au sujet spécifique qu’il traite.

> Dans le même ordre d’idées, éviter de manipuler à tort et à travers le jargon technique de la philosophie ; chaque terme technique doit être défini et le sens dans lequel on l’emploie spécifié.

> Ne pas multiplier les paragraphes, ni les exemples. Cela donne l’impression que la copie ne progresse pas dans l’analyse. En outre, un exemple, s’il peut infirmer une règle ou aider à la formuler, ne saurait tenir lieu de preuve. Multiplier les exemples, c’est le plus souvent faire l’aveu du fait qu’ils ont été mal choisis, voire de son incapacité à décoller du niveau descriptif, bref, de son inaptitude à penser. Garder donc en tête cette vieille règle des rédactions d’autrefois : une idée par paragraphe, un paragraphe par idée ; un exemple par idée , une idée dégagée de l’analyse de chaque exemple ! Bien sûr, il ne saurait être question d’appliquer trop scrupuleusement cette règle, qui peut paraître bien contraignante, l’oublier serait toutefois bien plus grave encore !