Pour approfondir:

  1. XXX


Médecin anglais (1809-18821, auteur de L'Origine des espèces par voie de sélection naturelle. Pour Darwin, les espèces vivantes ne sont pas immuables, mais évoluent par mutations. La sélection naturelle ne laisse survivre et prospérer que les espèces les plus fortes, celles qui s'adaptent le mieux à leurs conditions d'existence. Naturaliste anglais, né en 1809, mort en 1882. Il propose une théorie évolutionniste révolutionnaire, fondée sur la persistance du plus apte et la lutte pour la vie. Il expose sa thèse dans De l’origine des espèces, paru en 1859.

Charles Darwin est l'un des biologistes les plus importants
de l'histoire des sciences. Pour les scientifiques, c'est l'auteur
qui a démontré le premier que l'évolution des espèces
est une réalité. Pour le grand public, il est celui
qui a dit que «l'homme descend du singe».

VIE

Sur le plan philosophique, l'importance de Darwin est considérable. Son oeuvre révolutionne la vision classique de la place de l'homme dans l'univers. Elle achève
le mouvement amorcé par Nicolas Copernic et finit de détrôner l'homme de sa position dominante.

Voyage à bord du Beagle
Charles Darwin naît le 12 février 1809 à Shrewsbury. A l'âge de seize ans, il commence des études de médecine, mais, comme il est fort peu motivé, il les interrompt et va suivre l'enseignement de Cambridge, dans le but de devenir pasteur. Cependant, la seule matière qui l'intéresse est l'histoire naturelle et, très tôt, il publie de courts dindes dans les bulletins des sociétés locales d'histoire naturelle. Il se lie d'amitié avec son professeur de botanique, le révérend Joseph S. Henslow, grâce auquel il sera recruté pour participer au voyage d'exploration du Beagle, navire de la marine royale.

Cinq années décisives
Le vaisseau appareille le 27 décembre 1831 pour un voyage de cinq ans. Durant tout le voyage, Darwin accumule les observations. A son retour, il publie de nombreux textes qui lui valent la célébrité et, en 1859, paraît l'ouvrage qui révolutionne la pensée: De l'Origine des espèces. Il meurt le 19 avril 1882. Il repose, à côté d'Isaac Newton, dans l'abbaye de Westminster.

OEUVRES

L'essentiel de l'oeuvre de Darwin est l'approfondissement
de deux idées: un certain nombre de faits inexplicables deviennent compréhensibles si l'on admet que les êtres vivants évoluent. Cette évolution est due à la sélection naturelle.


Voyage d'un naturaliste autour du monde (1839)
Il s'agit des nombreuses observations zoologiques que Darwin consigna lors de son voyage sur le Beagle. Elles sont à l'origine de la mise en doute du dogme de la fixité et de la permanence des espèces. C'est d'elles que viendra la première intuition darwinienne, selon laquelle les espèces peuvent évoluer.

De l'origine des espèces par voie de sélection naturelle
(1859)
Darwin y développe la thèse selon laquelle la nature favorise les êtres vivants dotés de caractères avantageux. La nature réalise ainsi une sélection naturelle tout à fait comparable à celle que pratiquent artificiellement les éleveurs. Les individus qui possèdent un avantage, même léger, ont une capacité à survivre plus longue, ce qui allonge leur période de reproduction et multiplie le nombre de leurs descendants. Une variété qui se distingue du reste de l'espèce par des différences infimes peut, avec le temps, accentuer cette différenciation, devenant ainsi une sous-espèce, voire une espèce nouvelle. C'est la fameuse théorie de l'évolution. La première édition de l'ouvrage, tirée à 1250 exemplaires, fut épuisée le jour même de sa parution.

De la variation des animaux et des plantes sous l'action de
la domestication (1868)
Darwin y expose une théorie de l'hérédité pour combler une lacune de De l'Origine des espèces. Cette théorie sera réfutée par Hugo de Vries, qui établit en 1900 les lois de l'hérédité, qu'il appellera «lois de Mendel».

La descendance de l'homme et la sélection naturelle
(1871)
Dans cette oeuvre, Darwin développe ce qui était impressionnisme .htm">impressionnisme dans De l'Origine des espèces mais n'avait pas été formellement dit: «l'homme descend du singe». Darwin pousse très loin l'interprétation biologique de l'homme, assimilant de nombreux traits de son psychisme à des instincts façonnés par la sélection naturelle. Il jette ici les bases de ce qu'on appellera le «darwinisme social», selon lequel la société humaine est gouvernée par les mêmes lois de sélection que la nature.

EPOQUE

La théorie biologique de l'évolution
Charles Darwin n'est pas l'inventeur de la théorie selon laquelle les êtres vivants évoluent naturellement. Cette théorie a déjà été esquissée par Jean-Baptiste Lamarck dès 1809 dans les Recherches sur l'organisation des corps

vivants, et c'est la lecture des oeuvres d'Alexander von Humboldt qui inspire à Charles Darwin, selon ses propres dires, «l'envie brûlante d'ajouter ne serait-ce qu'une modeste contribution au noble édifice des sciences de la nature» (Vie et correspondance).

Darwin et les Lumières
Le formidable succès des théories darwinistes tient sans doute au fait qu'elles venaient apporter une caution scientifique à une idée chère aux Lumières: l'homme n'est pas au centre de la création, c'est un animal parmi d'autres. Il est apparu sur la terre par le même mécanisme que les autres espèces animales et non, comme le dit la Bible, par la volonté créatrice de Dieu.

APPORTS

L'idée d'évolution est bien antérieure à Charles Darwin, mais c'est lui qui la débarrassa de toute fantaisie et
en fournit le premier une interprétation scientifique qui pouvait s'imposer au monde.

L'évolution des espèces. Héritière des Lumières, la thèse de Darwin a conforté les préjugés d'une époque qui croyait en la perfectibilité de toute chose. Mais elle a surtout permis d'écarter du discours scientifique toute explication théologique de la création. Le processus de «descendance avec modification» permet d'expliquer aisément à la fois les grandes ressemblances et les petites différences entre les espèces. Si une espèce se modifie, c'est pour mieux s'adapter à de nouvelles conditions, et la nature sélectionne les plus aptes.
Les adversaires de Charles Darwin. Dès 1860, l'évêque anglican Samuel Wilberforce attaque la théorie de Darwin parce qu'il y voit une doctrine antichrétienne: l'homme ne peut pas venir du singe. Cependant, la négation de l'évolution des espèces ne sera le fait que de non-scientifiques et de croyants «intégristes», tels, encore aujourd'hui, les «fondamentalistes» américains.
Actualité-postérité. Pendant un siècle, l'évolutionnisme a fait figure de doctrine officielle, à laquelle il fallait adhérer pour être considéré comme un scientifique. Ensuite, les théories de Darwin commencèrent à être remises en question. Mais des biologistes ont fait la synthèse des découvertes postdarwiniennes et de la théorie de la sélection naturelle. De cet effort est née une théorie synthétique de l'évolution, où l'essentiel des conceptions darwiniennes continue d'occuper une place centrale.