Retour à l'index du dictionnaire de philosophieDÉMOCRATIE (gr. dèmos, le peuple; kratos, puissance)


Gén. La démocratie est le régime politique dans lequel la souveraineté appartient à  l'ensemble du peuple, c.à -d. à  tous les citoyens sans distinction.
Phi. On distingue la démocratie directe (par ex., à  Athènes au Ve siècle) où le peuple exerce le pouvoir sans intermédiaire, et la démocratie indirecte ou représentative où le peuple gouverne par le truchement de ses représentants (élection dans les démocraties parlementaires modernes).
La démocratie suppose pour nous la loi de la majorité, la liberté et l'égalité des citoyens. Or, par égalité le libéralisme entend simplement l'égalité des droits (égalité formelle) alors que le socialisme entend aussi celle des conditions réelles (égalité de fait, égalité matérielle). On peut donc encore distinguer les démocraties libérales ou politiques et les démocraties sociales.

Doctrine politique selon laquelle la souveraineté appartient à l'ensemble des citoyens. Elle est directe ou représentative selon que le peuple exerce son pouvoir sans intermédiaire ou par l'intermédiaire de représentants élus.

Démocratie libérale Karl Popper est partisan de la démocratie libérale, c'est-à-dire d'une démocratie dans laquelle le rôle de l'Etat est réduit au minimum.

Démocratie libérale Société dite de consommation, où les hommes luttent pour acquérir un certain prestige. Le moi devient la suprême valeur, et le souci de l'Histoire passe au second plan.

Social-démocrate
Forme de socialisme démocratique réformiste attaché aux droits inaliénables des individus, prônant l'équité et non l'égalité dans la redistribution et rejetant tout projet de transformation révolutionnaire (et autoritaire) de la société.

DÉMOCRATIE. n. f. (du grec dêmos, «peuple», et kratos, «pouvoir, gouvernement»). Système politique dans lequel le peuple exerce directement ou indirectement le pouvoir. Et donc, gouvernement du peuple par lui-même. On emploie parfois à ce propos l'expression de « peuple souverain », dont tous les citoyens sont membres.
· La notion de démocratie vient de la Grèce antique. Égalité des droits entre citoyens, participation (directe) au pouvoir, en sont les deux éléments déterminants. Il faut savoir cependant que, même dans l'Antiquité, la démocratie athénienne n'était pas parfaite : seuls y participaient les « citoyens », à l'exclusion des femmes, des esclaves et des « métèques » (les étrangers vivant dans la Cité), ce qui en faisait une démocratie très sélective.
· Le bon fonctionnement d'une démocratie suppose plusieurs conditions, sur lesquelles se sont penchés les penseurs politiques. Sans évoquer tous les problèmes posés par ce régime, on peut au moins en signaler trois essentiels :
1° La question de la vertu. Le danger de la démocratie est, pour le citoyen, dans la tentation de se croire tout permis sous prétexte qu'il détient le pouvoir, de vouloir tout partager, de ne pas supporter la contrainte de la loi qu'il peut avoir lui-même contribué à établir. Platon, Montesquieu, Tocqueville et d'autres ont analysé ce danger. Pour l'éviter, le citoyen doit recevoir une éducation civique, avoir le sens de l'intérêt général, et donc, savoir accepter le sacrifice ou la limitation d'une partie de ses droits. Il faut en effet que ses concitoyens aient les mêmes droits, jouissent d'une même liberté. Cette qualité est nommée par Montesquieu la vertu. Sans vertu républicaine, fruit de l'éducation, le peuple ne saurait vivre en démocratie.
2° La question de l'égalité. Partager le pouvoir politique ne peut être qu'un leurre si la situation économique ou sociale d'une république est inégalitaire. Le pouvoir de l'argent peut être sans commune mesure avec le pouvoir du vote. Il faut donc un minimum d'égalité entre les citoyens, un minimum de «démocratie économique» (voir Autogestion) si l'on désire qu'une démocratie ne soit pas purement formelle.
3° La question de la représentation. Quand un groupe est restreint, il peut prendre des décisions en assemblée directe (à travers la discussion et le vote). Quand le groupe augmente en nombre, quand le peuple forme une grande nation, la «volonté populaire» ne peut s'exercer qu'à travers des « représentants ». La démocratie est indirecte. Le peuple ne s'exprime que par hommes politiques interposés. Comme en outre, dans les démocraties modernes, l'évolution technique et économique rend la société très complexe, l'exercice du pouvoir échappe de plus en plus aux citoyens. Les élus, nombreux, les savants experts, les technocrates ou les bureaucrates, chargés de mettre en oeuvre la volonté du peuple qu'ils représentent, freinent, déforment ou parfois même dénaturent les désirs profonds des citoyens. Ils disposent souvent en outre de l'influence des médias pour orienter l'opinion publique. La représentativité des gouvernements ou des pouvoirs, dans une démocratie, est donc toujours menacée. Le danger d'abstention, de perte de confiance, de « dépolitisation » des citoyens qui se sentent impuissants, est permanent.
· Tous ces problèmes ne doivent toutefois pas faire oublier la formule de Churchill : «La démocratie est le pire des régimes, à l'exception de tous les autres ».


Voir Anarchie, Bureaucratie, Démagogie, Égalitarisme, Pouvoir.

Démocratie
Régime politique dans lequel le peuple (en grec : demos) est le titulaire de la souveraineté et exerce celle-ci soit directement (démocratie directe, comme dans l'Athènes du Ve siècle avant J.C.) soit indirectement (démocratie représentative moderne).