«C'est la perception des rapports qui a donné lieu à l'invention du terme beau.» Diderot, Recherches philosophiques sur l'origine et la nature du beau (1751).


À l'opposé du subjectivisme, Diderot exprime une conception rationaliste, objectiviste. Pour lui, certes, tout le monde n'aime pas les mêmes choses, mais cela tient à ce que tout le monde n'a pas la même finesse de perception.
La beauté n'est pas simplement un sentiment personnel: c'est le sentiment qui naît en vertu de certaines proportions («rapports», ou ratio) intrinsèques à l'oeuvre. Ce sont ces justes proportions, aussi bien en sculpture,
peinture, architecture, musique, etc., qui créent un sentiment d'harmonie et de plaisir et qui font dire d'une oeuvre qu'elle est belle. Il suffit de penser, par exemple, à l'idée de «fausse note» en musique.
Dans l'Antiquité, les sculpteurs et les architectes utilisaient un «nombre d'or» ou «divine proportion», pour calculer les rapports entre les différentes parties de leur oeuvre. Le beau était donc pour eux le produit d'un certain calcul mathématique et c'était la raison elle-même qui était belle.