Retour à l'index du dictionnaire de philosophieENFER. n. m. 1° Au singulier. Dans la religion chrétienne, lieu de supplices où sont envoyés les damnés après la mort. Dans l'imagerie populaire, l'enfer est semblable à un grand bûcher où les méchants sont destinés à brûler éternellement ; ils s'y trouvent en compagnie des démons dont le chef, appelé Satan, Belzébuth, Lucifer ou Méphistophélès, ne cesse de pousser les hommes à faire le mal pour grossir ses troupes de damnés. Antonymes : Paradis, Ciel.
Au sens figuré, l'enfer désigne les lieux de souffrance extrême, les moments de douleurs continuelles. Ses derniers jours furent un enfer. Elle subissait une torture morale qui était un véritable enfer. Le mot s'est affaibli. Paris à 18 h, c'est l'enfer.
La pièce de J.-P. Sartre Huis clos illustre assez bien le glissement du mot «enfer», du sens propre au sens métaphorique. Les héros, criminels, se retrouvent officiellement après leur mort en enfer, où ils s'attendent à des tortures sans fin. Or, il n'y a pas de torture physique. Leur souffrance consiste simplement à vivre sous le regard les uns des autres, à se supporter mutuellement malgré leurs égoïsmes fonciers. D'où la formule célèbre : « L'enfer, c'est les Autres », qui évoque un enfer... tout à fait terrestre!
2° Au pluriel. Dans l'Antiquité, les enfers représentent le séjour souterrain des morts, qu'ils y soient heureux ou malheureux. C'est là que les âmes sont jugées, les unes vouées aux châtiments, les autres aux délices. Le mot vient du latin infernus (lieu inférieur, lieu d'en bas); aussi l'adjectif correspondant au mot enfer est-il infernal.