Retour à l'index du dictionnaire de philosophieENTROPIE. n. f En thermodynamique (étude des relations entre l'énergie mécanique et la chaleur), l'entropie est une .grandeur qui mesure la «dégradation de l'énergie» d'un système donné. Lors d'une transformation d'un système dans un autre, la «variation d'entropie» permet d'établir la part d'énergie «dégradée» en chaleur. Quand celle-ci augmente, on estime que la transformation opérée a accru le « désordre » du système initial, la chaleur étant liée à l'agitation désordonnée des molécules (voir un cours de Physique).
L'intérêt de la notion d'entropie vient sans doute de son extension. Certains physiciens, considérant que l'évolution du monde physique dans son ensemble est irréversible, estiment que l'entropie universelle augmente : la chaleur se dissipe, les systèmes ordonnés se dégradent, l'univers va vers une sorte d'indifférenciation globale liée à l'irréversibilité du Temps.
En extrapolant, d'autres sciences se sont emparé du concept d'entropie. Des anthropologues, par exemple, l'appliquent à la mise en contact de deux cultures : les échanges qui se produisent, le choc qui les transforme l'une par l'autre, aboutissent à un état final indifférencié où chacune a perdu sa spécificité, sa complexité, sa structure initiale. Les théoriciens de la communication posent que dans toute transmission de signaux d'un système à un autre, il y a risque de perte d'information et donc, là encore, dégradation, accroissement d'entropie. Ainsi, l'entropie finit par désigner métaphoriquement, tout ce qui est désordre, désintégration, déstructuration accompagnant la mutation d'une réalité en une autre (la « décomposition » d'un cadavre, par exemple). D'où sa fécondité mais aussi une certaine confusion.