« Quant aux désirs, pour le moment, renonces-y totalement. » Épictète, Manuel (Ier siècle ap. J.-C.).


· Pour la philosophie stoïcienne, le désir est dangereux, et il vaut mieux y renoncer. C'est la seule voie possible pour qui veut atteindre la sagesse qui consiste en I'« ataraxie » ou absence de trouble, obtenue par la reconnaissance rationnelle de la nécessité qui gouverne le monde.
· D'après Épictète, il y a deux sortes de désirs: les premiers portent sur «ce qui ne dépend pas de nous»: notre corps, la richesse, la célébrité, le pouvoir... Désirer ces choses-là, c'est s'exposer aux plus grands malheurs puisque ce sont des choses qui nous échappent complètement et qui sont très changeantes. On pourrait donc désirer au moins «ce qui dépend de nous», c'est-à-dire désirer la sagesse. Mais celle-ci ne peut être l'objet que d'une décision et non d'un désir: celui qui se contente de la désirer souffrira de ne pas y parvenir. Mieux vaut donc renoncer à tous les désirs et s'efforcer d'être purement rationnel.
· On peut remarquer toutefois qu'Épictète précise «...pour le moment». Le sage pourra laisser libre cours à son désir de sagesse lorsqu'il sera parvenu à celle-ci. Mais ce «désir» aura changé de signification et se confondra avec la sagesse.