Retour à l'index du dictionnaire de philosophieESSENCE (lat. essentia, de esse, être; trad. du gr. ousia).

Ce qu'une chose ou un être est fondamentalement. Ainsi, par exemple, lorsque je dis : « Un carré a quatre angles droits et quatre côtés égaux ». Essence s'oppose à existence. Pour Platon, les Idées ou Essences sont les êtres véritables. Pour Aristote, les idées ou les essences sont dans les choses ou dans les êtres singuliers non pas comme un objet dans une boîte mais comme la forme est dans la matière.

Phi. Ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est, abstraction faite de ses modifications superficielles et temporaires. En ce sens, s'oppose à  accident». Par ex., dire qu'il est de l'essence de l'Homme de penser signifie que la définition de l'homme implique nécessairement qu'il pense quelles que soient ses particularités empiriques. Au contraire, il est contingent (ou accidentel) qu'il soit noir ou blanc de peau.
Ce qui constitue la nature d'un être comme distinct du fait d'être. En ce sens, s'oppose à  existence.
Log. Pour les conceptualistes, l'essence est bien l'ensemble des déterminations qui définissent un objet de pensée : elle s'oppose à  l'existence comme le rationnel aux données variables de l'expérience ; au contraire, pour les nominalistes, l'essence n'existe pas : elle n'est que l'ensemble des caractères connotés par un mot. Ainsi, de la glace pilée (variation) reste de la glace, c.à -d. est encore appelée de la glace, mais de la glace fondue (autre variation) n'est plus de la glace, c.à -d. qu'elle est appelée de l'eau : en fondant, en perdant son nom, elle perd son essence.

Ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est et qui ne change pas.

Ce qu'il est essentiel de penser; ce qui rend compréhensible et possible une existence concrète.

Spécificité, nature propre à un objet; ce en quoi il est ce qu'il est, et non autre chose. Saisir l'essence d'une chose revient à définir cette dernière (et non simplement â la décrire).

ESSENCE. n. f. (à partir du verbe latin esse, « être »). Au sens philosophique, ce qui constitue la nature profonde, intime, d'une chose ou d'un être, par opposition à ce qui lui arrive, qui est accessoire, et que les philosophes classiques nomment « accident ».
L'essence, c'est ce qui fait qu'une réalité est ce qu'elle est : l'ensemble des caractères invariants qui la constituent comme telle, qui définissent sa «nature», sa valeur intrinsèque. Au contraire, les qualités annexes, relatives à certaines circonstances, variables et changeantes, qui s'associent à cette réalité sans en modifier la nature, ne font pas partie de son essence La couleur d'un arbre, sa dimension, la forme de ses feuilles, ne l'empêchent pas d'être un arbre par essence. La taille d'un homme, sa mobilité, son intelligence plus ou moins développée ne l'empêchent pas d'être ce qu'il est, un homme, un être doué de conscience réflexive et de liberté (la pensée est l'essence de l'homme, selon Descartes).
En philosophie, l'essence est souvent opposée à l'existence, notamment en ce qui concerne l'être humain. L'essence est la nature humaine, en ce qu'elle a d'invariable et de commun à tout homme. L'existence, c'est le fait d'exister concrètement, à tel endroit particulier, dans telles conditions, comme tel individu de telle époque, de tel sexe, à qui il arrive tels événements dans son unique vie. Cette distinction de deux réalités complémentaires donne lieu à une opposition entre deux tendances philosophiques majeures : l'essentialisme et l'existentialisme.