Retour à l'index du dictionnaire de philosophieFINALISME. Doctrine qui explique l'enchaînement des phénomènes entre eux par une causalité finale ( cause finale). S'oppose à  explication causale, qui explique ce qui est par ce qui précède. Le vitalisme est, par ex., en biologie une théorie finaliste alors que le mécanisme est causaliste.

Doctrine postulant, selon la célèbre formule d'Aristote, que «la nature ne fait rien en vain», et donc que tous les phénomènes naturels sont subordonnés aux buts auxquels ils tendent.

FINALISME. n. m. Doctrine philosophique selon laquelle le monde dans son ensemble est orienté selon une finalité précise, d'origine supérieure (même si elle demeure mystérieuse). Les philosophes opposent les causes « efficientes », originelles, qui permettent d'expliquer les phénomènes par les différentes forces antérieures qui les produisent, et les causes finales, qui expliquent les phénomènes par des buts qu'ils sont censés poursuivre. Le finalisme est la doctrine qui explique donc les choses par leurs causes finales, par une sorte d'intentionnalité qui les conduirait secrètement à être ce qu'elles sont. Au contraire, les esprits scientifiques se contentent de chercher, dans des lois, les causes originelles des phénomènes qui se produisent.
· Il y a plusieurs degrés dans l'attitude finaliste. Le finalisme est en général la philosophie des croyants qui pensent que le monde est créé et ordonné par Dieu selon un certain plan, lequel apparaît évident à leurs yeux : la succession des phénomènes (par exemple la façon dont l'évolution conduit à l'émergence de l'homme) est même pour eux la preuve qu'un Dieu conduit ainsi l'univers.
A l'autre extrême, on trouve un finalisme grossier, à courte vue, qui prête aux faits naturels des explications finalistes sommaires, pour leur donner un sens immédiat, rassurant, en général favorable à l'être humain. Un exemple caricatural fut ainsi avancé à propos du melon ; son enveloppe serait intentionnellement striée par la nature pour permettre un découpage facile dans une famille nombreuse!
· Dans le domaine scientifique, par exemple en biologie où les phénomènes d'adaptation sont souvent étonnants, il est parfois difficile de se garder d'une attitude finaliste, tant une visée secrète semble orienter les choses de la vie. Le glissement consiste à passer de l'impression « tout se passe comme si » à la conclusion « c'est donc que ». Le vrai savant, même s'il a le sentiment d'une finalité de l'univers, se garde bien d'en faire un principe d'explication.

Le finalisme est un système de pensée qui considère que l'ensemble de l'univers est soumis à une fin, c'est-à-dire un but, et que les choses présentes s'expliquent par la détermination du futur qui leur est attaché. Elles sont là pour réaliser un projet, une finalité et même leur constitution interne répond à un agencement finaliste. Dans la philosophie aristotélicienne, la cause finale est le principe suprêmement organisateur de tous les êtres. Ainsi, par exemple, la nature qui ne fait rien en vain, a donné des mains au seul animal capable de s'en servir : l'homme. Ce n'est donc pas parce qu'il a des mains qu'il est intelligent (position mécaniste), mais c'est parce qu'il est intelligent qu'il a des mains (position finaliste). Pour Aristote qui s'oppose ici à Anaxagore, la nature attribue toujours, comme le ferait un homme sage, chaque organe à celui-là seul qui est capable de s'en servir.
Le finalisme apparaît rétrospectivement comme porteur de préjugés et comme une doctrine qui s'enracine dans des représentations naïves. Si toutes les choses sont organisées en vue d'une fin, alors on postule qu'un principe transcendant et mystérieux est à l'oeuvre dans le monde. À cet égard, le finalisme a parfois été considéré comme une forme de la superstition (c'est le cas pour Spinoza) et un obstacle au développement des connaissances scientifiques.