Retour à l'index du dictionnaire de philosophieGRÂCE (lat. gracia, manière d'être agréable)

Esth. La grâce est aisance et facilité, légèreté dans le geste et la manière, qui fait oublier l'effort. Si la grâce peut être un effet de l'art ou le fruit d'un labeur, sa perfection est de toujours sembler spontanée. Or, ce naturel qui la caractérise doit plutôt être défini comme une « seconde nature » : élégance ou virtuosité, la grâce n'est jamais acquise qu'après avoir tant travaillé que disparaît la tension de l'exercice.

Théol. Don gratuit de Dieu . Aide surnaturelle qui rend l'homme capable de faire le bien et de parvenir au salut. Un des plus importants débats théologiques, en particulier en France au XVIIe siècle, fut de savoir si la volonté humaine coopère librement à  l'action de la grâce, ou bien si celle-ci détermine de façon invincible la volonté de l'homme.

En religion, secours, don purement gratuit que Dieu accorde à ses créatures.

ÉTAT DE GRÂCE. (voir le mot grâce, aide de Dieu).
1° Expression qui désigne, chez les chrétiens, l'état du croyant purifié de tout péché et donc favorisé par la «grâce» de Dieu, qui l'aide à demeurer dans le Bien. L'état de grâce est un don qui est en principe obtenu par le «sacrement de pénitence », c'est-à-dire par la confession (voir ce mot) : lavé de tout péché, le pécheur sent son âme comme régénérée. Bien entendu, cet état ne dure qu'en l'absence de nouvelles fautes — peu de temps en général...
2° Par extension, on appelle «état de grâce», dans la vie courante, une période quasi miraculeuse où tout semble favoriser un individu. Tel joueur de tennis est «en état de grâce» quand il joue comme un ange. Tel Président est en état de grâce, au début de son mandat, quand on ne peut encore rien lui reprocher et que la majorité qui vient de l'élire lui est a priori favorable.