«C'est par la voie des définitions ou analyses continuées jusqu'au bout [...] qu'on peut arriver à la caractéristique ou écriture universelle qui ferait à peu près le même effet en matière de mouvement, de physique, de morale et de jurisprudence, que les caractères dans l'arithmétique ou analyse.» Leibniz, Lettre à jean Berthet (1677).


Pour Leibniz et les philosophes rationalistes du mine siècle, le langage peut être l'instrument de la connaissance, mais à condition d'être bien employé. Il faut le purifier de ses éléments confus et obscurs : ambiguïtés, approximations, métaphores, multiplicité de sens, etc., pour lui faire exprimer des idées claires et distinctes.
Sur le modèle du langage formalisé des mathématiques, qui permet de développer les raisonnements de manière mécanique, par simples substitutions de caractères, Leibniz rêve d'une «caractéristique universelle». Ce serait une langue parfaite, constituant une sorte d'«alphabet des pensées humaines».
Mais l'établissement d'une telle langue supposerait aussi que l'édifice de la science soit tout entier achevé.