Retour à l'index du dictionnaire de philosophieMATERIALISME.

L'usage courant du mot matérialisme le ramène souvent au fait de s'attacher essentiellement à la recherche de biens matériels, au mépris de valeurs plus élevées et moins futiles. En tant que système de pensée, dont les formes et les champs d'application sont philosophiquement très divers, la notion déborde cette acception réductrice. Le matérialisme est une vision moniste du monde, elle explique et ramène tous les phénomènes à des conditions matérielles, la matière étant le principe ultime dont dépend la totalité des choses, y compris l'esprit considéré comme un simple dérivé. C'est pourquoi on parle ici de monisme, puisqu'une seule substance sert à concevoir la réalité.
Une position matérialiste exige de restreindre la science à la connaissance des lois qui régissent les combinaisons matérielles, ainsi que des rapports mécaniques à l'oeuvre dans la nature. Décliné sur un plan historique, le matérialisme postule que le devenir de l'humanité est déterminé par les conditions économiques et sociales dans lesquelles les hommes vivent. Ainsi, les idées ne mènent pas le monde, elles sont menées par lui, autrement dit, menées par l'ordre matériel qui détermine leur existence. Enfin, c'est également la pensée que le matérialisme interdit de considérer comme une substance séparée et de nature différente : elle n'est qu'un produit du corps, elle est déterminée par ses sensations et elle meurt avec lui.

Par matérialisme, on entend une philosophie ou une conception du monde qui affirme la primauté de la matière sur l'esprit. Être matérialiste, c'est reconnaître l'existence des choses en dehors de l'esprit et considérer les sensations et les idées comme des copies ou des reflets de ces choses.
Phi. Doctrine selon laquelle il n'existe pas d'autre substance que la matière. Ce terme apparaît au XVIIe siècle, et se trouve repris par Leibniz qui l'oppose à  l'idéalisme (les meilleurs exemples de ces deux doctrines étant, selon lui, Epicure pour le matérialisme et Platon pour l'idéalisme).

Théorie philosophique accordant le primat ou l'exclusivité à la matière pour rendre compte de la réalité. Le matérialisme s'oppose à l'idéalisme, au spiritualisme et à l'immatérialisme. Il a pris avec Marx une nouvelle figure, celle du matérialisme historique : l'histoire est explicable par les structures socio-économiques qui en sont la « matière ».

Matérialisme dialectique. Philosophie officielle du marxisme-léninisme. La matière est la seule réalité (il n'y a pas d'esprit, d'âme, de Dieu) et elle est soumise à un principe dynamique qui détermine l'histoire.

 

Matérialiste. Partisan du matérialisme, c'es-à-dire d'une thèse philosophique selon laquelle toute réalité, y compris la pensée, est constituée en dernière analyse par la matière.
 

Matérialisme. Ce mot a plusieurs sens. Dans son sens actuel et commun, il désigne la valeur {sociale, morale, affective que l'on attribue aux choses matérielles. En philosophie, et selon Marx, il désigne la manière dont l'esprit qui conçoit les choses, les fabrique, se retrouve en elles, reconnaît qu'elles sont à son image.

Matérialisme dialectique. Doctrine marxiste selon laquelle les conflits entre des forces matérielles contradictoires (économiques principalement) sont le moteur de l'histoire.

Matérialisme. Doctrine selon laquelle l'esprit ne peut rien connaître de lui-même. Ce sont les choses matérielles, les choses sensibles qui l'informent de la réalité.

MATÉRIALISME. n. m. 1° Sens philosophique : doctrine selon laquelle la matière est la réalité essentielle de l'univers. La pensée, l'esprit, ne sont que des productions de la matière soumises au déterminisme. Le matérialisme s'oppose donc d'abord à l'idéalisme (voir ce mot), pour qui c'est l'idée, l'esprit, qui sont à l'origine de tout. Il s'oppose aussi au dualisme, qui fait de l'univers le produit à la fois de la matière et de l'esprit, et considère l'être humain comme constitué à la fois de corps et d'âme, sous l'impulsion d'un Dieu créateur. On notera le sens particulier du matérialisme dialectique de K. Marx : selon lui, la matière est sans doute à l'origine de tout, mais la pensée, la conscience qu'elle produit en l'homme (en société) viennent interagir, dialectiquement, avec les processus matériels. Ainsi, chez les marxistes, l'évolution de l'histoire et des sociétés se produit à partir du couple esprit/matière : les nécessités de l'existence matérielle et les modes de production économiques engendrent les classes sociales ainsi que leurs idéologies : l'être social de l'homme détermine sa conscience individuelle, laquelle pourra réagir à sa situation économique, et ainsi de suite.
2° Sens courant : attitude ou état d'esprit qui consiste à rechercher avant tout dans la vie les plaisirs et les biens matériels. On parlera par exemple du matérialisme de la société de consommation, ce qui est sans rapport avec le sens précédent du mot.
N.B. Aux deux sens du mot matérialisme correspondent les deux sens de l'adjectif matérialiste : 1° qui se rapporte aux doctrines fondées sur le matérialisme ; 2° qui est conduit par un désir exclusif de biens matériels. Attention aux confusions : c'est le contexte (discours philosophique ou conversation courante) qui permettra de faire la différence. Il serait ridicule, par exemple, de qualifier K. Marx de - matérialiste » au sens second du terme!