Retour à l'index du dictionnaire de philosophieMETAPHYSIQUE.

Par le métaphysique, on entend ce qui est au-delà du physique, ce qui transcende le monde naturel. Par la métaphysique, on entend la réflexion ayant pour objet l'Être en tant qu'Être, la recherche des causes de l'univers et des premiers principes de la connaissance.

Terme employé à  l'origine par Andronikos de Rhodes vers 50 av. J.-C. pour désigner, dans son catalogue des oeuvres d'Aristote, celles qui viennent après (meta) sa physique (phusica). Cette partie de l'oeuvre d'Aristote étant constituée par sa philosophie première, on a pris l'habitude au Moyen Age d'appeler metaphysica la philosophie première, et de comprendre la préposition meta non plus au sens d'après mais d'au-delà , ou au-dessus. C'est ainsi qu'aujourd'hui l'adjectif « métaphysique » désigne communément la connaissance en tant qu'elle est indépendante ou au-delà  de l'expérience .
Subst. Recherche des principes et des causes premières : connaissance des choses divines aussi bien que celle des principes de la science et de l'action. Conçue comme une quête de l'essence, de l'« être » des choses, au-delà  de leurs apparences, elle est « science de l'être en tant qu'être » selon l'expression d'Aristote, ou ontologie, philosophie première. Avec saint Thomas et pour les scolastiques, le terme désigne la connaissance par la raison, et non par une révélation de type religieux, des réalité s Absolues et transcendantes (Dieu, l'âme...), celles qui dépassent l'expérience .
Crit. Kant considère que la métaphysique comme recherche de l'Absolu, de l'inconditionné, des choses en soi, est une disposition naturelle et invincible de l'homme, bien que la raison ne puisse jamais atteindre que les phénomènes. Cependant, si Hume et les empiristes condamnent sans appel cette prétendue science qui croit pouvoir connaître l'inconnaissable, Kant ne renonce jamais à  tenir la métaphysique pour une science possible. Elle doit simplement abandonner sa prétention à  saisir l'Absolu pour se définir dans le futur comme la science complète des conditions de la connaissance possible. En ce sens nouveau, la métaphysique se confond avec l'entreprise critique elle-même.

Métaphysique Pour Aristote, la métaphysique désigne l'étude de l'«Être en tant qu'Être» ou encore l'étude des «causes premières», c'est-à-dire de cette partie de la réalité qui échappe à l'observation let ne peut donc faire l'objet d'une science particulière comme la physique), mais qui explique le reste.

Métaphysique La métaphysique s'oppose à la physique, qui est l'étude de la physis ou nature. La métaphysique tente d'expliquer les premiers principes (divins, rationnels) qui ordonnent la nature (et la vie).

Métaphysique Domaine de la connaissance qui dépasse ce que nous pouvons connaître au moyen de nos sens, de l'expérience. Dieu, l'immortalité de l'âme, l'infini, la perfection, l'origine de la pensée, le fait même que nous soyons capables de penser en conscience sont des problèmes métaphysiques.

Métaphysique
Tentative de connaissance par la raison, et non par une révélation religieuse, de réalités immatérielles considérées comme au fondement de la matière. Par voie de conséquence, le mot désigne toute recherche de l'essence ou de l'être des choses matérielles au-delà de leurs apparences ou au-delà de leur manifestation dans les conditions de l'expérience. Kant pose que la métaphysique a pour objet trois idées : l'âme, le monde, Dieu.

Métaphysique La métaphysique englobe l’ensemble des questions concernant la réalité qui ne peuvent être résolues à travers les méthodes scientifiques. Certains penseurs, comme Willard Van Orman Quine, affirment qu’il n’est aucune question digne de ce nom qui ne puisse être résolue par les méthodes scientifiques.

Discours de métaphysique Destiné à Arnauld, un disciple de Descartes, le Discours aborde également la question de la prédestination. Leibniz dit, d'un côté, que tous les actes possibles d'un homme sont  inscrits dans sa substance individuelle, son essence. De l'autre, il affirme que l'homme est libre, qu'il a le choix, sur un plan métaphysique, de faire le bien ou le mal, mais que son choix est à l'avance connu de Dieu.

MÉTAPHYSIQUE. n. f. (du grec meta-, «après, au-delà de» et phy-sica, « les choses de la nature ». Dans les oeuvres d'Aristote, il s'agit d'une partie qui suit les questions de pure physique, et dans laquelle il s'interroge notamment sur les réalités divines).
Partie de la philosophie qui étudie les problèmes fondamentaux de l'être en tant qu'être, de la connaissance et de la nature du réel, du sens de notre univers, de l'existence ou non de Dieu, etc. Alors que la physique étudie le monde tel qu'il est et le comment de son évolution, la métaphysique va au-delà et se pose la question du pourquoi. Pourquoi le monde ? Pourquoi l'homme? Pourquoi le Mal ? Pourquoi la conscience? L'âme est-elle immortelle ? Y a-t-il une autre vie ?
Ces questions étant sans réponses apparentes, le mot prend sous la plume de certains écrivains une connotation négative. Voltaire considère que les questions de métaphysique sont d'inutiles spéculations, tout juste propres à séparer les hommes. Marx condamne la métaphysique comme inutile et creuse, marquée des illusions propres à toute philosophie idéaliste (il s'agit pour lui non d'interpréter le monde mais de le transformer).
Ces réserves n'enlèvent pas à la métaphysique son prestige. Elle demeure la partie suprême de la philosophie comme elle reste au coeur des interrogations de tout homme.
On appelle aussi «métaphysique» l'ensemble des conceptions métaphysiques d'un auteur. On dira par exemple la métaphysique de Bergson.

Originellement, le mot métaphysique servait à désigner les textes d'Aristote classés après ceux consacrés à la physique (meta ta physica). Par une extension abusive du préfixe meta, on a progressivement considéré la métaphysique comme la recherche portant sur tout ce qui se trouve au-delà de la nature, tout ce qui relève d'une transcendance. On parle aussi parfois de science de l'être en tant qu'être ou de philosophie première.

On peut distinguer deux principaux champs de questionnement métaphysique. Le premier porte sur ce qui n'est pas accessible par l'expérience sensible, c'est-à-dire, par exemple, les causes premières, l'âme, Dieu, la finalité cachée à l'oeuvre dans le monde. Ici, la physique ne peut répondre, c'est donc à la méta­physique en tant que pensée qui va « au-delà », de s'emparer de ces questions en les examinant ration­nellement. Le deuxième champ s'efforce de déterminer ce que masquent les apparences pour atteindre les choses en elles-mêmes et indépendamment de la manière dont nous les percevons. Compte tenu des difficultés inhérentes à ses objets, la métaphysique est parfois considérée comme futile et inconsistante.


Métaphysique de la subjectivité
Expression forgée par Heidegger pour désigner toute conception philosophique du monde qui prend pour fondement de toute réalité et de toute normativité le sujet humain. Heidegger situe l'apparition d'une telle métaphysique du sujet chez Descartes et Leibniz. Il considère que cette appréhension philosophique du réel à partir du sujet humain a atteint ses points culminants chez Hegel et Nietzsche, avec lesquels la métaphysique atteindrait sa fin ou son achèvement.