Retour à l'index du dictionnaire de philosophieMYSTÈRE. n. m. (à partir du grec mustêrion, de mustês, «initié»).
1° Sens religieux : dans l'Antiquité, culte religieux réservé à des initiés, et donc secret, tenu caché au reste des mortels. Les rites initiatiques (voir ce mot) permettaient de connaître les «mystères». Dans la religion chrétienne, le mot mystère prend un sens théologique : il s'agit des dogmes révélés, indémontrables par la raison, sur lesquels repose la foi chrétienne. Le mystère garde son sens de réalité secrète, cachée, « mystérieuse » aux yeux des hommes, dans la mesure où sa nature est incompréhensible. Il est incompréhensible par exemple, d'un point de vue logique, que la Trinité soit «un seul Dieu en trois Personnes », que Dieu puisse revêtir la nature humaine tout en gardant sa nature divine (mystère de l'Incarnation) ou qu'il ait fallu le sacrifice d'un Fils de Dieu pour sauver les hommes (mystère de la Rédemption). Pour Pascal, les mystères sont incompréhensibles en eux-mêmes mais permettent de comprendre la condition humaine ; ils aveuglent l'esprit qui les regarde en face, mais rendent lumineuses les réalités qu'ils sont chargés d'éclairer.
2° Sens courant : ce qui est caché, secret, difficile à comprendre ou à jamais incompréhensible, obscur, énigmatique. On retrouve toute cette gamme de sens dans l'adjectif mystérieux.
3° Sens littéraire : au Moyen Âge, le mystère est une représentation dramatique d'inspiration religieuse. Les acteurs y jouaient divers épisodes de la vie du Christ, la Nativité (la naissance), la Passion, la Résurrection, ou encore des scènes tirées de la vie des saints. Ces spectacles mêlaient à l'évocation de thèmes surnaturels ou mystiques des scènes très réalistes ou même comiques, qui plaisaient au public populaire (lequel participait souvent au déroulement de la cérémonie).


N.B. Ce sens du mot mystère n'a pas de point commun avec le sens théologique.