Retour à l'index du dictionnaire de philosophieMYTHE (gr. muthos)

Gén. Récit fabuleux d'origine populaire, où les différentes forces de la nature sont représentées sous la forme de créatures les personnifiant.

Phi. S'oppose à  logos, discours rationnel. En grec, muthos désigne une parole formulée; et plus précisément les mythes sont des discours sacrés. Or, le logos n'est plus simplement la parole : dans la forme, il est démonstration contrairement au muthos qui est narratif; sur le fond, les abstractions du philosophe s'opposent aux puissances divines dont le mythe narre les aventures. Surtout, la magie incantatoire de la parole mythique tranche avec la rigueur rationnelle qui caractérise pour les Grecs l'usage du logos.

MYTHE. n. m. (du grec muthos, «récit, fable»).
1° Récit imaginaire, d'origine populaire ou littéraire, qui met en scène des personnages extraordinaires, surhumains ou divins, dont les événements fabuleux ou légendaires tantôt retracent «l'histoire» d'une communauté, tantôt symbolisent des aspects de la condition humaine, tantôt traduisent les croyances, les aspirations ou les angoisses de la collectivité pour laquelle ce mythe a un sens. L'ensemble des mythes d'une civilisation forme une mythologie, la mythologie grecque par exemple.
Le récit légendaire qu'est un mythe peut venir d'auteurs inconnus, faire partie d'une tradition orale, ou être forgé ou développé par des auteurs précis, dans des œuvres littéraires (poétiques ou théâtrales). Mais dans l'un et l'autre cas, le mythe représente une vision du monde, une interrogation, une nostalgie de dimension collective. Le mythe de Prométhée dérobant le feu, le mythe d'Oedipe tuant aveuglément son père et épousant sa mère, le mythe de Faust vendant son âme au diable, sont des histoires symboliques dans lesquelles des sociétés reconnaissent des vérités profondes de leur histoire, de leur philosophie, ou de l'humanité même. L'étude des mythes constitue une branche importante de l'anthropologie.
2° Au sens philosophique, le mythe est un récit poétique, une sorte d'allégorie qu'emploie un auteur pour traduire sa pensée de façon expressive. C'est le cas du mythe de la caverne, élaboré par Platon pour expliquer que notre monde « réel » n'est qu'un reflet du monde des Idées.
3° On peut intégrer à ce sens le mythe comme rêverie utopique, comme représentation idéalisée que se font certains écrivains des différents âges de l'Humanité. C'est le cas du mythe de l'Age d'or ou du Paradis perdu, qui ne sont pas donnés comme des récits d'une histoire authentique, mais comme des Images idéales d'un monde qu'il faudrait reconstruire ou retrouver.
4° Au sens actuel, le mythe désigne une représentation simplifiée et amplifiée de la réalité, qu'il s'agisse de la réalité d'un personnage historique (le mythe napoléonien), d'un événement dont on grossit l'importance (le mythe de la Résistance française), d'un phénomène technique ou social (le mythe du progrès). Le mythe, faisant partie des croyances et de l'idéologie d'une société, peut alors agir sur le comportement des individus. Un homme politique voudra par exemple fonder une campagne électorale sur le mythe de l'Homme providentiel qu'il est censé incarner pour sauver le pays.
Dans son ouvrage, Mythologies, Roland Barthes a montré que les mythes ne sont pas des produits du hasard, issus de la nature des choses. Ils représentent souvent un moyen de mystifier l'imaginaire collectif, en présentant comme naturelles des conceptions ou des visions du monde qui sont le produit de l'histoire. Le moindre discours social est empreint d'une mythologie qui n'est souvent que de l'idéologie, et qu'il faut «démythifier».
5° Le mot mythe s'emploie enfin, péjorativement, pour évoquer une pure construction de l'esprit, une idée totalement irréelle, par laquelle on a pu être provisoirement séduit. Ce n'est qu'un mythe !

Mythe Premier sens: récit sacré qui raconte les origines du mande et de l'homme. Deuxième sens: parole ivraie ou fausset dont on ne connaît pas l'origine. Troisième sens: élaboration mentale, fantasmatique, qui n'a aucun rapport avec le réel et à laquelle adhère un ensemble important de personnes.

Mythe Le mot a pris un sens qui n'a plus grand-chose à voir avec son sens initial. Le journaliste parlera volontiers d'une star en disant qu'elle est devenue un «mythe». Du point de vue de l'histoire des religions, de l'ethnologie, de la philosophie, le mythe est une histoire immémoriale que, de génération en génération, l'on raconte sans y apporter la moindre modification. Le mythe contient les règles permettant à un groupe humain de savoir comment agir. Il explique également pourquoi, dès les origines, les hommes se sont comportés de telle manière.

Mythe Chez Platon, le mythe est un récit qui traduit en images une conception inexprimable rationnellement mais qui se veut symbolique de la vérité.

Mythe «Le mythe transpose des mécanismes et des comportements réguliers de la société. Il assure la répétition des actes et événements primordiaux,  dont le renouvellement est une condition de l'équilibre social et de l'équilibre humain.» Maurice Leenhardt.