«Nous croyons savoir quelque chose des choses elles-mêmes quand nous parlons d'arbres, de couleurs, de neige et de fleurs, et nous ne possédons cependant rien que des métaphores des choses, qui ne correspondent pas du
tout aux entités originelles. Nietzsche, Le Livre du philosophe (1873).


Pour Nietzsche, l'idée de parvenir à une «connaissance claire et distincte» des choses par l'intermédiaire du langage est parfaitement illusoire parce que le langage est toujours métaphorique.
Il ne s'agit pas de viser un «ineffable», un au-delà du langage. Mais de ne pas avoir la naïveté de croire que l'on peut parvenir à une ultime définition des choses. Si formalisée que soit cette définition, elle passera par des signes, toujours ouverts sur des réinterprétations.
Dans ces conditions, la vérité ne doit plus être pensée comme l'adéquation du langage avec les choses, mais comme l'effet de la force de conviction du langage. Le langage n'atteint pas, pour Nietzsche, des choses qui lui préexistent: il est poétique, c'est-à-dire qu'il fait exister les choses, parce qu'il nous les rend présentes.