Retour à l'index du dictionnaire de philosophieOPINION (lat. opinio, croyance, opinion). Gén. Manière de juger ou expression d'un jugement non réfléchi et incertain. Celui qui émet une opinion pense qu'il dit vrai tout en admettant qu'il peut se tromper. Ainsi, opinion se distingue de foi et de savoir.
Soc. Opinion publique désigne un jugement collectif qui n'implique pas toujours la conscience d'une incertitude. Pensée dominante souvent conditionnée par le conformisme.
Phi. Les Grecs, en particulier Platon, opposent doxa (opinion) et Epistèmè (science). Donner son opinion, c'est dire ce que l'on pense; réfléchir, c'est tenter de savoir pourquoi l'on pense ce que l'on pense : fonder son opinion en raison, la légitimer.

Opinion L'opinion s'oppose, dans la philosophie platonicienne, à l'idée . L'opinion renvoie au particulier, l'idée à l'universel. Un jugement de goût relève de l'opinion. Définir ce qu'est l'essence éternelle du beau relève de l'idée .

Opinion Une opinion n'est pas forcément fausse. La différence entre opinion et vérité est que la première est admise, tandis que la seconde est démontrée.

Presse d'opinion Organe de presse qui défend une idéologie , un point de vue politique. L'une des origines de la Révolution de 1789 est la multiplication des «feuilles», c'est-à-dire de ces petites publications diffusant des idées nouvelles. Par la suite, ces «feuilles» donneront naissance à la presse d'opinion.

Opinion (Du latin opinari, «avoir dans l'idée , croire que...») croyance ou prise de position par le sujet, allant de la simple impression à l'affirmation mais non soumise à l'examen critique.

Opinion Idée sans contenu démontré par la raison. L'opinion est la connaissance de celui qui sait sans penser. L'idée est la connaissance de celui qui ignore,  précisément parce qu'il ne cesse de penser, et qui, à l'image de Socrate, sait au moins une chose: qu'il ne sait rien.

Opinion droite Selon Platon, c’est une connaissance vraie mais non justifiée ni fondée pour celui qui l'émet.

OPINION. n. f 1° Avis, appréciation sur une question ; jugement ou croyance (j'ai mes opinions) ; impression ou sentiment (opinions toutes faites ; opinion subjective); jugement de valeur porté sur quelqu'un (avoir mauvaise opinion d'untel, bonne opinion de soi).
2° Opinion publique, ou « opinion » : avis de la majorité du corps social sur des questions générales (politiques, morales, esthétiques). Aller contre l'opinion. Faire des sondages d'opinon. Attitude d'esprit dominante (ou supposé telle) dans une société ; ensemble des personnes qui partagent cette attitude. L 'opinion n'était pas prête à accepter l'idée d'une Europe fédérale.
3° En philosophie, l'opinion est souvent opposée à la vraie connaissance, fondée sur le raisonnement discursif. L'opinion est intuitive, commune, reçue d'autrui ; elle peut être vraie comme fausse, puisqu'elle n'est pas démontrée. Elle a valeur de croyance subjective; elle se rassure sur elle-même en étant commune; mais elle est totalement étrangère à la démarche philosophique. « Penser et avoir une opinion, est-ce la même chose ?» (sujet classique de dissertation philosophique). Voir Doxa, Paradoxe.

Pour le sens commun, l'opinion est l'avis personnel que chacun est libre de formuler. On distingue aussi l'opinion privée et l'opinion publique qui se déterminent mutuellement. Mais, dans un sens philosophique, l'opinion est traditionnellement dévalorisée et opposée au savoir. En effet, elle est versatile, superficielle et repose la plupart du temps sur un assentiment immédiat validé par une croyance ou un désir et non par l'exercice de la raison. Platon la condamne mais réserve un statut particulier à ce qu'il appelle « l'opinion droite » dans le Ménon (« orthè doxa »). Il s'agit alors d'une sorte d'intuition juste, que l'on peut considérer comme un intermédiaire entre l'ignorance et le savoir. Ici, l'opinion, à condition qu'elle soit droite (c'est-à-dire, non focalisée sur des apparences), nous met sur le chemin de la vérité. Mais elle reste bel et bien une opinion en ce qu'elle ne relève pas de la science.

L'épistémologie de Bachelard est encore plus radi­cale dans la mesure où la connaissance scientifique ne peut s'établir que sur les ruines de l'opinion qui, par essence, ne pense pas. Ce défaut structurel vient du fait qu'elle traduit des besoins en connaissances (par exemple, l'astrologie est la fausse science que l'opinion établit à partir du désir de maîtriser l'avenir).