« [Les géomètres] se perdent dans les choses de finesse, où les prin­cipes ne se laissent pas ainsi manier. On les voit à peine, on les sent plutôt qu'on ne les voit ; on a des peines infinies à les faire sentir à ceux qui ne les sentent pas d'eux-mêmes : ce sont choses tellement délicates et si nombreuses, qu'il faut un sens bien délicat et bien net pour les sentir... » Pascal, Pensées (1670).


Le fait qu'il faille interpréter le monde qui nous entoure suppose que celui-ci a un sens, mais ce sens se dérobe à une saisie immédiate. L'interprète essaie d'être objectif, son interprétation lui paraît la bonne, mais elle n'est «qu'» une interprétation, parmi d'autres possibles. Cette particularité de l'interprétation impose de recourir à l'«esprit de finesse» tel que Pascal l'oppose à l'« esprit de géométrie».
Face aux problèmes de la vie des rapports humains par exemple, avec leurs passions et leurs contradictions), on ne dispose pas de principes universellement reconnus; et même si on les avait, on n'aurait souvent pas le temps d'y réfléchir. C'est là qu'intervient «l'esprit de finesse», c'est-à-dire une capacité à interpréter, en quelque sorte plus vite que la pensée rationnelle, sans avoir de principes fixes, mais sans que cela nous empêche de comprendre le sens de ce qui se passe.