«Si l'âme est une raison, que peut-elle recevoir en elle sinon une rai­son sans paroles, et d'autant plus silencieuse qu'elle est davantage une raison ? [...] Si elle emploie le langage, c'est par défaut.» Plotin, Ennéades (IIIe siècle ap. J.-C.), II.


Pour Plotin, le langage est impur par rapport à la pensée, comme le corps par rapport à l'âme. Il permet à l'âme d'exprimer les choses qu'elle a déjà perçues, mais pour lesquelles elle a besoin d'une représentation. Aussi le langage est-il, pour Plotin, la marque de la finitude de l'âme humaine.
Dans cette perspective, une pure intelligence, divine, devrait pouvoir se passer des mots, et comprendre les choses sans leur intermédiaire. La plénitude de l'âme serait dans cette contemplation silencieuse. Ce qui veut dire aussi que les réalités les plus hautes ne peuvent pas être exprimées dans le langage.