Retour à l'index du dictionnaire de philosophiePSYCHANALYSE. n. f 1° (Comme discipline scientifique). Théorie générale du psychisme humain élaborée par Freud et par ses disciples. L'interprétation psychanalytique ne se contente pas d'élucider un certain nombre de mécanismes psychologiques ou de dresser un tableau de leur pathologie. Elle se propose comme un discours d'ensemble sur la structuration de la personnalité et la dynamique profonde de ses manifestations. Les données primordiales de la petite enfance, le rôle de la Libido, l'existence d'un Inconscient sans cesse actif et de la Censure qui en refoule les pulsions, la place centrale du complexe d'Oedipe, les interactions entre les trois grandes instances psychiques que sont le Ça, le Moi, et le Surmoi, — telles sont quelques unes des notions clefs de la théorie psychanalytique. Voir aussi les mots Interdit, Lapsus, Névrose, Pulsion, Refoulement, Rêve, Sublimation, Transfert. Le discours psychanalytique ne se limite pas à l'étude de la pathologie individuelle. Il apporte son éclairage à tous les phénomènes humains. L'histoire, la civilisation, la religion, la vie politique, la création artistique ou littéraire, tous lieux où se manifeste le psychisme de l'homme, ont pu être abordés avec fécondité par le discours psychanalytique. En ce sens, la psychanalyse peut être considérée comme une branche de l'anthropologie.
2° (Comme thérapie). Méthode thérapeutique mise au point par Freud pour interpréter et traiter un certain nombre de troubles psychiques, en mettant au jour leurs racines inconscientes, et donc, en «analysant» leurs causes profondes. On dit entreprendre une psychanalyse, ou simplement une analyse. La cure psychanalytique suppose la présence d'un patient, appelé « analysant », et du psychanalyste, ou «analyste» (qui guide l'interprétation). Le principe consiste en une investigation méthodique de l'inconscient du sujet, destinée à mettre en évidence les significations inconscientes des symptômes dont il souffre (angoisses, traumatismes venus de la petite enfance, pulsions refoulées, etc.). Dans ce travail d'investigation, le patient est loin d'être inactif : c'est lui qui opère, sous la conduite de l'analyste, sa propre analyse (raison pour laquelle on le nomme «analysant »). En se livrant à des associations libres d'images et d'idées, en cherchant le sens latent de ses rêves et de ses fantasmes, en faisant remonter dans le champ de sa conscience (non sans résistances) les éléments pulsionnels qui étaient inconsciemment à l'oeuvre dans ses troubles psychiques, il décompose ses symptômes, il les dénoue, les élucide ; il s'en délivre en parvenant à en formuler les causes. Au cours de la cure psychanalytique, il n'est pas rare que l'analysant revive plus ou moins intensément les affects mal vécus au cours de sa petite enfance, et les projette sur l'analyste qui doit savoir les interpréter : c'est là une phase normale de la cure, appelée Transfert; elle fait partie de cet immense travail de libération par la parole qu'est toute psychanalyse.
N.B. Comme méthode, la psychanalyse ne s'adresse en principe qu'à un individu vivant, qui coopère à sa propre analyse. Le terme, néanmoins, prend parfois le sens large d'étude psychopathologique. Il s'agit alors d'un essai fondé sur les concepts de la psychanalyse et pouvant porter sur un auteur classique, une oeuvre littéraire, un genre (« Psychanalyse du conte de fées »), un thème (« Psychanalyse du feu »), une institution sociale, une réalité culturelle. On parle de psychocritique notamment, dans le domaine littéraire.
PSYCHO)-. Racine issue du grec psukhê, «âme, esprit ». Nous la trouvons dans de nombreux mots comme Psychanalyse, Psychiatrie, Psychisme, Psychodrame, Psychologie, Psychopathe, Psychose, Psychothérapie, Psychosomatique, Métempsycose, et leurs composés.

Psychanalyse
Méthode d'investigation et de thérapie du psychisme humain inventée par Freud dans les dernières années du XIXe siècle et au début du XXe siècle, débouchant sur une théorie originale de la culture. La doctrine proprement feudienne sera ensuite prolongée au cours du XXe siècle au gré de nombreuses écoles post-freudiennes et néo-freudiennes.