Retour à l'index du dictionnaire de philosophieRationalisme. Philosophie ou théorie de la connaissance qui affirme la primauté de la raison sur les sens dans le processus de connaissance. Le rationalisme s'oppose donc à l'empirisme et au réalisme naïf. Plus généralement, on entend par rationalisme une attitude d'esprit scientifique et critique qui s'oppose à l'irrationalisme, à la superstition.

RATIONALISME. n. m. En philosophie : doctrine selon laquelle tout ce qui existe dans l'univers est parfaitement intelligible, et donc accessible à la raison humaine (au sens n° 1 de ce mot). Si la raison a cette capacité de connaître, c'est qu'elle possède en elle-même des structures innées, des principes immuables, indépendants de l'expérience. D'où une autre version du rationalisme, qui pose que les idées sont innées : les connaissances viennent des principes contenus dans la raison, et donc, se passent de l'expérience. À ce rationalisme s'oppose l'empirisme (voir ce mot).
En théologie, doctrine selon laquelle on ne doit accepter, en matière religieuse, que ce qui est conforme à la raison. Cette attitude s'oppose au fidéisme et au traditionalisme (voir ces mots). Cette conception pose le problème de ce qu'est la foi, puisque la raison semble suffire pour adhérer aux vérités. En réalité, le rationalisme théologique sert surtout de garde-fou contre la superstition : les vérités de la foi ne peuvent pas heurter la raison, mais elles peuvent se situer au-delà de cette raison, sans la contredire. Une telle attitude se trouve d'ailleurs chez un mystique comme Pascal, qui estime que l'ultime démarche de la raison humaine consiste à comprendre qu'il y a des connaissances qui dépassent la raison.
En général, le rationalisme est l'attitude de ceux qui font confiance fondamentalement à la raison (aux deux sens du mot), qui n'acceptent de croire que ce qui est démontré. Cette foi dans la raison caractérise précisément le rationalisme des philosophes du XVIIIe siècle (voir le mot Lumières). Le rationalisme est positif chaque fois qu'il pourfend la superstition et l'obscurantisme. Il peut être jugé négatif lorsqu'il devient lui-même dogmatique et pose comme principe qu'il n'y a pas d'autre voie de connaissance que la raison pure (au sens n° 1).


Rationalisme critique
Forme de rationalisme défendue au XXe siècle par Popper ou Albert qui consiste à dire que le vrai n'est pas ce qui est vérifié, mais ce qui résiste à des tests de falsifiabilité (voir : faillibilisme et falsifiable).


Rationalisme dogmatique
Dans la tradition issue de Kant, on appelle dogmatique un rationalisme qui n'a pas soumis la raison à une interrogation critique sur la légitimité de ses prétentions à produire par elle-même des vérités.

Rationalité
Caractéristique d'une connaissance ou d'une action rationnelle. On distingue aujourd'hui par exemple une rationalité procédurale, quand ce qui fait qu'un énoncé est rationnel réside dans sa conformité à des règles ou à des procédures formelles, et une rationalité substantielle, qui réside dans l'adéquation d'un énoncé à ce qu'il y aurait de rationnel dans le réel lui-même.