Retour à l'index du dictionnaire de philosophieSACRIFICE. n. m. (du latin sacrificium, «sacrifice, offrande à Dieu »).
1° Sens religieux : offrande rituelle à Dieu, qui suppose l'abandon d'un bien qu'on «sacrifie», le don de sa propre personne (immolation volontaire), ou d'une autre victime (un animal, un être humain). La notion de sacrifice est ambiguë : elle apparaît comme un don gratuit, une reconnaissance de la divinité (un remerciement de ses faveurs); mais en même temps, elle peut être comme une sorte de moyen d'apaiser sa colère ou de se concilier ses pouvoirs (d'où l'aspect sanglant de ces sacrifices). Ce double aspect explique que le mot puisse être pris tantôt dans un sens très favorable (le «sacrifice du Christ» est avant tout un don de sa personne aux yeux des chrétiens), tantôt dans un sens défavorable (caractère archaïque, barbare, sadomasochiste de cette pratique dans des sociétés antiques).
2° Sens profane : privation d'un bien ; renoncement volontaire à quelque chose, en vue d'un bien supérieur qu'on veut atteindre, ou par dévouement (à autrui, à une grande cause qu'on idéalise). Voir Abnégation. Faire le sacrifice de sa vie pour libérer la patrie. Faire des sacrifices pour élever ses enfants. L'esprit de sacrifice : la capacité à renoncer à des avantages personnels, à « prendre sur soi » pour donner aux autres.