«L'homme n'est rien d'autre que sa vie.» Sartre, L'Existentialisme est un humanisme (1946).
Les conceptions religieuses et platonicienne supposent d'admettre qu'il y a un au-delà de la vie, et que ce que l'on fait ici-bas y aura une traduction.
Pour Sartre, «l'existence précède l'essence», c'est-à-dire qu'il n'y a pas de «nature humaine», ni de caractère individuel, et encore moins de Providence divine, qui prédéterminerait ce que nous faisons ici-bas. nomme est fondamentalement libre et se définit lui-même par ses choix et par ses actes. En ce sens il «n'est rien d'autre que sa vie»: le sens de sa vie et la direction qu'il doit y suivre ne peut pas lui être donné à partir d'autre chose que cette vie même.
Une telle conception tend aussi à renverser le rapport entre existence et temps: dans les deux premières parties, on admettait que le temps préexistait à l'existence humaine, qui risquait en quelque sorte de se noyer dans son caractère infini. Mais s'il n'y a pas d'au-delà de l'existence humaine, le temps lui-même est en quelque sorte produit par la subjectivité de l'homme (conception qui remonte à Kant). Exister ne serait donc pas «entrer dans» le temps, mais, inversement, faire advenir le temps.