« Cette méthode pour interpréter sûrement la Bible, loin d'être différente de la méthode qui sert à interpréter la nature, lui est au contraire par­faitement conforme.» Spinoza, Traité théologico-politique (1670).


L'interprétation se situe entre deux modes de pensée qui la considèrent comme une non-connaissance: d'un côté la croyance en un sens «littéral», en une vérité révélée par Dieu qui n'a pas besoin d'une interprétation par les sujets humains; de l'autre, l'idée d'un calcul universel, comme on la trouve chez Leibniz («Calculons!»).
L'étude des textes religieux étant, par excellence, l'occasion de conflits d'interprétation, Spinoza a tâché de montrer qu'il y avait une méthode proprement scientifique d'interprétation des textes. En affirmant cela, Spinoza faisait de la pensée interprétative une pensée du même type que la pensée géométrique à l'oeuvre dans les sciences de la nature. Pour trancher entre les interprétations, il lui fallait nier une spécificité de la pensée interprétative: la part de subjectivité à l'oeuvre dans l'interprétation.