Retour à l'index du dictionnaire de philosophieSUBLIME (lat. sublimis, suspendu dans les airs, élevé)bien qu'on définisse parfois le sublime comme le superlatif du beau, le sublime peut être distingué du beau dans la mesure où il éveille en nous non pas tant le plaisir admiratif que peut susciter un objet esthétiquement parfait qu'une émotion si forte qu'il peut s'y mêler l'effroi qu'on ressent devant le spectacle inouï de forces qui nous dépassent infiniment. On ne dit pas, par ex., d'une tempête qui offre le spectacle grandiose du déchaînement de la nature, qu'elle est belle mais qu'elle est sublime. Ainsi, Burke considère que « tout ce qui agit d'une manière analogue à  la terreur est une source de sublime ». Kant distingue aussi le beau, caractérisé par son caractère fini et complet, et le Sublime qui met en jeu l'idée de l'infini, soit sous forme de grandeur (le sublime mathématique), soit comme puissance (sublime dynamique). Alors que le beau exprime l'harmonie de nos facultés (imagination et entendement), le sublime manifeste la lutte de l'imagination et de la raison. Le ciel étoilé au-dessus de nos têtes, à  côté duquel tout semble petit, est sublime : il nous humilie par sa grandeur incommensurable, tandis que le beau est exclusivement source de plaisir.SUBLIME. adj. et n. (du latin sublimis, «qui est très haut dans les airs»; au sens littéral : qui se trouve sous les limites du ciel).
(en ce qui concerne les personnes) Qui est admirable ; qui fait preuve d'un talent ou d'une vertu exceptionnels. Il a été sublime, il a eu une attitude sublime. Une âme sublime.
(en ce qui concerne les choses de la pensée ou de l'art) Qui est particulièrement noble, élevé, divin, transcendant. Un vers d'une beauté sublime. Un aphorisme sublime. Une scène sublime. Un adieu, un échange sublimes.
Le sublime : ce qu'il y a de plus élevé dans l'art, ce qui bouleverse l'âme et transporte l'esprit. Dans l'esthétique classique, le sublime est le comble de l'art et il se rencontre dans les oeuvres les plus nobles. Cependant, la noblesse du genre ou du sujet de l'oeuvre ne suffit pas : encore faut-il que le passage sublime transporte subitement le spectateur ou le lecteur. C'est le cas, par exemple, du mot du vieil Horace, à qui l'on dit que son fils s'enfuit devant ses trois poursuivants, et qui le regrette amèrement : « Que vouliez-vous qu'il fit contre trois? — Qu'il mourût ! ».
Pour les romantiques, et notamment Victor Hugo, le sublime reste aussi le comble de l'art, aux antipodes du grotesque. Mais dans le grotesque même il peut y avoir une forme de sublimité (voir le personnage de Quasimodo). Hugo a d'ailleurs forgé l'oxymore « une sublime laideur ».