Retour à l'index du dictionnaire de philosophieVOLONTE (lat. voluntas; dérivé de volo, je veux)

Gén. Forme de l'activité qui consiste à se représenter l'acte à produire (ce qui suppose conscience), à délibérer sur les fins de l'action, puis à décider d'agir pour exécuter enfin cette décision (ce qui semble impliquer liberté).
Phi. En un sens classique, définie comme cause d'elle-même, la volonté est forcément volonté libre. Ainsi, pour Descartes, notre liberté réside en notre pouvoir de choisir qui s'exprime déjà dans nos actes les plus arbitraires, ceux qui procèdent du pur exercice de notre volonté sans être motivés par aucune raison déterminante ( liberté) : « La liberté de notre volonté se connaît sans preuve par la seule Expérience que nous en avons. » Le doute est l'Expérience même de cette volonté libre. Or, Spinoza a montré que précisément cette Expérience n'est pas une preuve : le sentiment de la liberté peut fort bien être l'effet d'une illusion de la conscience qui, ignorant les causes qui la déterminent à vouloir, croit vouloir librement. Si Kant, à son tour, reconnaît que l'existence d'une volonté libre ne peut être prouvée, il soutient néanmoins qu'elle doit être postulée. En effet, « sans une telle liberté aucune loi morale ni aucune imputation d'après elle n'est possible » : ainsi, l'existence d'une volonté libre est exigée par la moralité, elle est un postulat de la Raison pratique sans lequel il deviendrait impossible de condamner une action immorale. On ne peut blâmer un acte sans supposer qu'il n'aurait pas dû avoir lieu, ce qui serait impossible s'il était infailliblement déterminé et non pas l'effet d'une volonté libre.

Volonté La volonté est un acte de conscience qui renvoie toujours à autrui, L'instinct me pousse à boire parce que j'ai soif. Je suis volontaire lorsque je me  détermine à agir afin de réaliser nies désirs. C'est parce que la volonté renvoie à autrui qu'il est pour ainsi dire impossible de la définir sans se référer â la morale.

Volonté
Capacité de décider consciemment, d'être à l'origine consciente de nos actes. La doctrine la plus classique de la volonté, même si elle a donné lieu à de très nombreuses discussions, est celle qu'on appelle, notamment chez Descartes, doctrine du « libre arbitre de la volonté ». Voir : libre arbitre.
 

Volonté générale Pour Rousseau, la société est comparable à un corps. Toutes les parties qui le composent contribuent à son bon fonctionnement. Il en est de même de la société. Si le corps social fonctionne bien, c'est parce que chacun de ses membres abandonne sa volonté individuelle à la volonté générale.

Volonté Schopenhauer emploie aussi l’expression «vouloir-vivre». «Le monde comme volonté... » La réalité en son ensemble est soumise à la volonté, principe agissant dont on ne peut jamais connaître la cause. «... et comme représentation» La représentation est la manière dont l'homme voit la réalité. Partant des analyses de Kant relatives à la connaissance des phénomènes, Schopenhauer souligne le caractère subjectif de ces formes de la connaissance que sont l'espace, le temps, la causalité.

Le mot volonté désigne la disposition du sujet à agir selon des déterminations personnelles et conscientes, soumises à des fins intentionnelles impliquant une délibération. Le contraire le plus évident est le réflexe qui est immédiat et se produit en quelque sorte « sans nous » ou malgré nous (rougir ou cligner des paupières, par exemple).
Un acte volontaire implique la liberté, puisqu'on y présuppose la possibilité de choisir parmi diverses options. C'est la raison pour laquelle on considère qu'un crime commis par un dément se distingue de celui d'un homme jouissant de sa responsabilité. Dans le premier cas, la volonté est abolie par la maladie mentale alors que dans l'autre, elle se trouve tout au plus amoindrie par le poids des circonstances.
Philosophiquement, la volonté constitue un problème dès lors qu'il s'agit d'en faire une sorte de pouvoir substantiel (voir Substance) et parfaitement transparent. Spinoza, en distinguant les volitions (les volontés particulières, comme vouloir arrêter de fumer ou vouloir être célèbre) de la volonté en tant que faculté, s'efforce de montrer qu'il faut réduire la seconde aux premières. Autrement dit, il n'existe pas selon lui de source volontaire indépendante des objets que nous poursuivons. La volonté n'est donc qu'un mot vide de sens et ce que nous choisissons reste toujours déterminé par une cause qui ne relève pas d'un vouloir souverain. Quant à l'expression « volonté générale », que l'on rencontre en philosophie politique, et dans la pensée de Rousseau en particulier, elle qualifie le souci du bien commun dont le contrat social doit permettre la protection et la réalisation.

Volontariste
Caractère d'une conception ou d'un acte qui expriment la conviction que ce qui arrive est avant tout le produit de la volonté et de ses choix. Le volontarisme s'oppose notamment à une représentation rigoureusement déterminisme du cours de l'histoire ou de la trajectoire d'une existence.