Pour approfondir:

  1. XXX


Polémiste et homme de tolérance, Voltaire s'est opposé
avec ironie à la monarchie absolue, aux religions établies
et au dogmatisme métaphysique. Il admit pourtant la monarchie contrôlée par la raison
et l'existence d'un Dieu «architecte du monde».

VIE

Le XVIIIe siècle apparaît comme l'âge d'or des philosophes, dont les idées annoncent la Révolution. On remet en question
la monarchie absolue et les dogmes de la religion, on prône le progrès social et la liberté politique.

L'homme du monde (1694-1753)
- 1694: François-Marie Arouet naît à Paris, son père est notaire.
- Études chez les jésuites. - 1717: une satire politique le conduit à la Bastille pour onze mois.
- Succès mondains et littéraires. Il prend le nom de Voltaire.
- 1726: bastonné par les valets d'un noble, il comprend que la noblesse peut cacher beaucoup de brutalité et de mépris. Il s'exile en Angleterre (Lettres philosophiques,1734).
- 1734-1744: liaison avec Mme du Châtelet, femme savante et philosophe.
- 1750: en disgrâce auprès de Louis XV, il part pour Berlin où l'invite le roi Frédéric II de Prusse.

La conscience de son temps (1753-1778)
- Brouillé avec Frédéric II, Voltaire gagne Genève.
- 1759: il s'installe au château de Ferney.
- 1762: Voltaire s'engage pour réhabiliter Calas, un protestant injustement exécuté pour le meurtre de son fils.
- 1778: après la mort de Louis XV, Voltaire rentre à Paris, où il est reçu triomphalement.

OEUVRES

Ennemi de tout système, Voltaire a lutté inlassablement contre le dogmatisme religieux et l'intolérance. Ses oeuvres philosophiques ne représentent qu'une partie restreinte - mais certainement la plus importante pour nous - de son oeuvre.


Lettres philosophiques (1734)
Exilé de France, Voltaire a trouvé en Angleterre le pays de la liberté et du progrès. Il y a découvert la tolérance, la liberté parlementaire, la liberté de pensée, la physique de Newton, dont il fait l'éloge dans une série d'articles.

Micromégas (1752)
Dans cette «histoire philosophique», Voltaire critique la vanité de la métaphysique. Étant incapables de connaître les fins dernières, les hommes doivent se contenter de développer des connaissances pratiques et de faire preuve de tolérance.

Essai sur les mœurs et l'esprit des nations (1756)
Dans cette réflexion sur l'histoire, Voltaire défend l'idée de la relativité des coutumes et des croyances et de l'unité de la nature humaine. Il n'y a pas de progrès moral, seulement un progrès matériel qui se manifeste par le développement des sciences et des arts.

Traité sur la tolérance (1763)
Voltaire a rédigé ce traité à la suite de l'affaire Calas. Ce dernier a été exécuté parce qu'il était protestant et non parce qu'il était coupable du meurtre de son fils, qui s'est suicidé. Voltaire plaide en faveur de la tolérance religieuse et pour la réforme de la justice pénale.

Candide (1759)
Ce conte philosophique est une critique de la doctrine optimiste de Leibniz, qui pensait que «tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes».

Dictionnaire philosophique (1764)
Ce dictionnaire «portatif» est un condensé de la pensée de Voltaire, un pamphlet contre tous les préjugés du siècle. Voltaire critique la vanité de l'intelligence humaine, la religion révélée, la barbarie des coutumes judiciaires, prône la tolérance et la «religion naturelle», croyance en un être suprême en dehors de toute église.

EPOQUE

Le despotisme politique et religieux
Au début du XVIIIe siècle, la société est soumise au double despotisme de la monarchie absolue et de la religion. Il n'y a pas de liberté de culte, de pensée, ni de libertés politiques: les hérétiques sont persécutés, les libres penseurs sont embastillés, la noblesse possède des privilèges exorbitants.

La réaction philosophique
Dès la fin XVIIe siècle, des penseurs critiquent le despotisme politique et la religion. Locke, Montesquieu préconisent la liberté politique, la séparation des pouvoirs, la liberté de pensée et de conscience, bref ce qu'on appellera bientôt les «droits de l'homme». La religion révélée apparaît comme un tissu de superstitions conduisant au fanatisme. A l'image des scientifiques comme Newton, les philosophes s'arrogent le droit d'examiner librement et de critiquer les idées reçues au nom de la Raison.

APPORTS

Voltaire a employé son esprit et son énergie à détruire les préjugés et les dogmes au nom desquels on asservit les hommes. Au-delà de ses sarcasmes, il a prôné un idéal de tolérance, de justice et de sagesse propre à rendre les hommes heureux.

La critique politique. Voltaire a critiqué le despotisme de la monarchie absolue. Il a prôné l'idéal d'un despote éclairé, conseillé par les philosophes ou philosophe lui-même.
La critique de la religion. Voltaire a combattu les religions établies. Fondées sur des superstitions, elles provoquent le fanatisme, la guerre civile et les persécutions. Il a lutté avant tout pour la tolérance religieuse.
La critique de la philosophie. Pour Voltaire, l'homme ne saurait se prononcer sur des problèmes qui dépassent son intelligence . Pour atteindre le bonheur, il suffit de cultiver une sagesse pratique.
Postérité-actualité. «C'est la faute à Voltaire»: le plus représentatif des philosophes des Lumières annonce les conquêtes positives de la Révolution, comme les droits de l'homme, même si le fanatisme de la Terreur l'eût atterré. En cette fin du XXe siècle enfin, où l'on connaît une résurgence des intégrismes religieux et politiques, le message de Voltaire en faveur de la tolérance est plus que jamais valable.