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Ayant
pris conscience de l'absurdité de l'existence humaine,
Camus refusa de céder au désespoir et montra
qu'il est possible de donner un sens à sa vie,' en luttant
pour les valeurs morales et intellectuelles essentielles.
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Philosophe
de l'absurde, Camus à voulu donner à l'homme de bonnes
raisons de vivre dans une époque désespérée, souffrant de
l'absence de Dieu et de l'oppression totalitaire.
L'orphelin (1913-1939)
- Albert Camus naît à Mondovie, en
Algérie, dans une famille très modeste. Son père est tué à
la guerre en 1914. Sa mère s'installe à Alger.
- Au lycée, Camus s'illustre dans le sport et les études. -
Souffre de tuberculose. - Licence en philosophie. Adhère
brièvement au Parti communiste.
- 1938: journaliste à Alger Républicain. Premières oeuvres.
L'écrivain révolté (1939-1960)
- 1939: Camus est réformé pour question de santé.
S'installe en France avec sa femme.
- S'engage dans la Résistance. Rechute de tuberculose.
- 1942: Son roman L'Étranger le fait connaître à un vaste
public.
- 1944: Il fonde le Journal Combat. Il en rédige anonymement
l'éditorial. - 1951: L'Homme révolté. Brouille avec Sartre.
- Engagements contre l'expansionnisme soviétique et contre
la politique coloniale en Algérie.
- 1957: prix Nobel de littérature.
- 1960: Camus se tue dans un accident de voiture.
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Rejetant les systèmes
philosophiques, mais non la pensée philosophique (rappelons
qu'il fut philosophe de formation) Camus, dans des essais au
style remarquable, n'a cessé de lutter pour la dignité,
l'indépendance et la liberté des hommes.
Le Mythe de Sisyphe (1942)
Dans ce premier essai, Camus expose sa «philosophie de
l'absurde». Devant l'absence de Dieu et la perspective de la
mort, la vie humaine paraît n'avoir pas de sens. La religion
et le nihilisme sont également irrationnels. L'homme doit
prendre conscience de cette absurdité, non pour se
désespérer, mais pour vivre lucidement, en trouvant en
lui-même et dans la vie présente ses propres valeurs.
Lettres à un ami allemand (1945)
Cet essai politique réunit quatre lettres publiées
pendant la guerre. A son «ami allemand», qui a choisi de
lutter contre le désespoir en affirmant la grandeur de son
pays, Camus oppose une exigence de justice supranationale
qui rend tous les hommes solidaires.
Actuelles (1950, 1953, 1958)
Recueils d'articles et de conférences retraçant les
prises de position de Camus face aux événements politiques
de 1944 à 1958. Camus tente de définir une morale fondée sur
l'humanisme et le respect d'autrui dans un siècle
apparaissant comme celui du nihilisme et de la terreur.
L'Homme révolté (1951)
Dans cet essai, Camus tente de fonder une morale sur la
révolte contre le mal, en évitant les excès où les révoltes
philosophiques ou politiques. En effet, les révoltes
philosophiques, par leur soif d'absolu, finissent par
justifier le meurtre, tandis que les révolutions politiques
rationalisent la révolte et aboutissent à des systèmes
politiques inhumains, comme en URSS.
Discours de Suède (1957)
Dans ce discours prononcé lors de la remise du prix
Nobel, Camus définit ce que doit être pour lui le rôle de
l'écrivain à notre époque: être au service des hommes qui
souffrent et qui aspirent à la liberté.
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Un
vie marquée par l'histoire
La vie de Camus est directement
affectée par l'histoire du début du XXe siècle. Son père est
tué lors de la Première Guerre mondiale. Malgré son désir de
s'engager contre le nazisme, Camus échappe à la Seconde
Guerre mondiale, pour des raisons de santé. II participe
néanmoins activement à la Résistance.
Sa révolte philosophique se double donc d'un engagement dans
les combats pour la liberté de son époque.
Individualisme contre communisme
La résistance au fascisme est symbolisée à cette époque
par le parti communiste et les philosophes qui s'en
réclament, comme Sartre. Mais Camus préfère la lutte
individuelle et refuse de se laisser embrigader. Il
participe à tous les combats politiques de son temps: contre
le maccarthysme aux États-Unis, contre l'expansionnisme
soviétique, contre le franquisme, contre la répression
militaire en Algérie.
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Camus affirme la primauté de
la révolte individuelle
face à l'absurdité d'un monde sans Dieu. Il tente de
fonder
une nouvelle morale humaniste, hors de tout système,
au centre de laquelle se trouverait l'homme concret.
La révolte. Pour
Camus, le monde n'a pas de sens supérieur, ni Dieu, ni «fin
de l'histoire». La mort rend la vie absurde. Face à cette
absurdité, il faut se révolter en donnant soi-même un sens à
sa vie à travers l'action, la réflexion, la création.
Le refus des systèmes. Camus refuse les systèmes
philosophiques ou politiques qui traitent l'homme comme un
concept abstrait et qui le soumettent à des fins
supérieures.
L'humanisme individualiste. Pour Camus, la seule
réalité est l'homme, «solitaire, mais solidaire» des autres.
Entre le nihilisme et les utopies totalitaires, il doit y
avoir la place pour une morale fondée sur la liberté et le
respect de la dignité humaine.
Postérité-actualité. Camus apparaît comme un penseur
indépendant et isolé. Il n'a donné lieu à aucune «école
philosophique», au contraire de Sartre. Par son indépendance
et ses engagements, il symbolise le refus des idéologies. Il
nous rappelle que nous devons trouver nous-mêmes un sens à
la vie et défendre la liberté et la dignité humaine.
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