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Avocat
et homme politique romain, Cicéron est considéré
comme le plus grand orateur de langue latine. Après des revers
politiques et personnels, il se consacra à la philosophie.
Admirateur de Platon et de la philosophie grecque,
il est un précurseur de l'humanisme.
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Cicéron fut
un grand homme politique,
énergique défenseur de la vertu républicaine. Il mourut
assassiné pour s'être opposé à la dérive dictatoriale de
Rome sous Antoine et Octave. Avec éloquence, il a adapté la
philosophie grecque à la morale pratique des Romains.
L'orateur et l'homme politique
Marcus Tullius Cicéron est né en
106 av. J.-C. à Arpinum, dans une famille aristocratique. Il
étudie la rhé- torique et la philosophie. Dès l'âge de 26
ans, il se révèle comme l'un des meilleurs avocats de Rome.
Il commence une carrière de magistrat et d'homme politique
qui le mènera jusqu'au consulat. Orateur redoutable, il
s'illustre dans de nombreux procès impliquant des hommes
politiques (Verrès, Catilina).
Le philosophe assassiné
A partir de 58, sa fortune politique tourne. Il doit
s'exiler plusieurs fois. Partisan de Pompée, il se retire de
la vie publique après la victoire de César et se consacre à
la philosophie. La mort de sa fille Tullia assombrit son
existence. Après la mort de César, il dénonce avec vigueur
les ambitions d'Antoine dans ses Philippiques. Parvenu au
pouvoir, ce dernier le fait assassiner en 43 av. J.-C.
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Cicéron est surtout connu pour ses plaidoyers, qui restent
des modèles de rhétorique latine. Mais ses oeuvres
philosophiques, qui examinent les principales doctrines
grecques dans une perspective morale et politique,
font aussi de lui l'un des grands philosophes romains.
De la Nature des dieux (77-76 av. J.-C.)
Cicéron expose et critique les conceptions
platonicienne, stoïcienne et épicurienne de la religion. Il
penche pour la doctrine stoïcienne, selon laquelle
l'existence d'une intelligence divine se déduit de la beauté
et de l'harmonie de l'univers. Même si la raison favorise le
monothéisme, il ne faut pas contrarier le polythéisme
populaire.
La République (54-51 av. J.-C.)
Cicéron énonce les principes de l'action politique et
présente les différents types de régime. Pour garantir la
légitimité morale du pouvoir, il prône l'institution d'un
tuteur de l'État, qui veille au respect de la vertu sans
porter atteinte aux institutions.
Des Lois (v. 50 av. J.-C.)
La loi, comme la morale, est fondée sur le droit
naturel, compris comme raison divine gouvernant l'univers.
Le droit écrit doit être l'expression de ce droit naturel
universel. L'État républicain romain est le meilleur parce
qu'il se fonde sur l'équilibre entre l'aristocratie et la
démocratie. Le législateur doit veiller au respect des
traditions, pour autant qu'elles s'accordent avec l'idéal
républicain.
Les Académiques (45 av. J.-C.)
Cicéron examine le problème de la connaissance et de la
vérité. Il adopte les vues de la Nouvelle Académie, qui
concilient scepticisme et platonisme: on ne peut rien
savoir, il faut tout mettre en question, mais on peut
admettre une connaissance non certaine, pourvu qu'elle soit
vraisemblable.
Les Tusculanes (45-44 av. J.-C.)
Cicéron rejette l'épicurisme: le souverain bien n'est
pas le plaisir, mais un mélange entre les biens de l'âme et
les biens corporels et extérieurs. Toutefois, la vertu, bien
de l'âme, est primordiale. Quant aux passions, Cicéron
pense, comme les stoïciens, que ce sont des erreurs de la
raison trompée par le désir. Toutefois, le sage ne peut pas
éviter le chagrin, ni la souffrance qu'inspire la vue du
vice, car la sagesse n'est pas indifférence.
Du Destin (44 av. J.-C.)
Cicéron tente de concilier la conception stoïcienne du
destin avec la liberté humaine. Même si l'homme est mû par
ses tendances propres, il est libre au moment de choisir son
action.
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La
fin de la République
Cicéron vit dans une époque
politique troublée qui voit le déclin de la République. Le
pouvoir partagé entre les patriciens et la plèbe est menacé
par les ambitions dictatoriales de chefs militaires comme
Pompée, César, Antoine ou Octave. Après plusieurs guerres
civiles, Octave triomphe. A partir de 27 av. J.-C., il
établit l'Empire et règne seul, sous le nom d'Auguste.
De l'éclectisme à l'humanisme
A l'époque de Cicéron, la philosophie en vigueur à Rome
est surtout celle des grandes écoles grecques (platonisme,
stoïcisme, épicurisme, scepticisme). Cicéron examine ces
différents courants et tente de retenir ce que chacun a de
meilleur. Disciple de ton, il préconise une sagesse
humaniste fondée sur l'étude des lettres et sa mise en
pratique au service bon gouvernement.
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Cicéron a réhabilité le
dialogue politique et le doute philosophique. Rejetant
tout dogmatisme et tout autoritarisme, il pense qu'une
vérité consensuelle surgira de la libre confrontation
des opinions. Par sa tolérance et sa considération pour
les philosophies anciennes, il annonce l'humanisme.
La recherche du consensus. Cicéron accorde une grande
importance à la persuasion, à la discussion et au consensus.
Ces principes «démocratiques», appliqués à la philosophie,
le poussent à confronter les différentes doctrines afin de
dégager les points sur lesquels tout le monde s'accorde.
Quand il y a désaccord, il s'efforce de défendre le meilleur
point de vue. La méthode de l'exposé contradictoire
(présentation du pour et du contre) confère à ses ouvrages
une grande clarté.
L'humanisme. Partisan du doute philosophique et de la
confrontation d'idées, Cicéron rejette tous les systèmes
dogmatiques. Il affirme cependant l'importance d'établir des
principes solides en philosophie, en religion, en morale et
en politique. En exposant les différents courants de pensée
de l'Antiquité, il accorde à la culture une importance
nouvelle.
Postérité/actualité. Homme de parole et d'action,
politiquement engagé, Cicéron tente de s'inspirer du
platonisme pour défendre des principes de morale et d'action
politique. Il réaffirme son attachement aux idéaux de
tolérance, de solidarité, de liberté. Par sa croyance dans
le dialogue et son esprit cultivé, il est le précurseur de
l'humanisme. Par sa théorie de la connaissance, il annonce
Descartes et la science moderne. Par son génie oratoire, il
est considéré, encore aujourd'hui, comme un modèle de
rhétorique.
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