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Charles Darwin est l'un des biologistes les plus importants
de l'histoire des sciences. Pour les scientifiques, c'est
l'auteur
qui a démontré le premier que l'évolution des espèces
est une réalité. Pour le grand public, il est celui
qui a dit que «l'homme descend du singe».
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Sur le plan
philosophique, l'importance de Darwin
est considérable. Son oeuvre révolutionne la vision
classique
de la place de l'homme dans l'univers. Elle achève
le mouvement amorcé par Nicolas Copernic et finit
de détrôner l'homme de sa position dominante.
Voyage à
bord du Beagle
Charles Darwin naît le 12 février 1809 à Shrewsbury. A
l'âge de seize ans, il commence des études de médecine,
mais, comme il est fort peu motivé, il les interrompt et va
suivre l'enseignement de Cambridge, dans le but de devenir
pasteur. Cependant, la seule matière qui l'intéresse est
l'histoire naturelle et, très tôt, il publie de courts
dindes dans les bulletins des sociétés locales d'histoire
naturelle. Il se lie d'amitié avec son professeur de
botanique, le révérend Joseph S. Henslow, grâce auquel il
sera recruté pour participer au voyage d'exploration du
Beagle, navire de la marine royale.
Cinq années décisives
Le vaisseau appareille le 27 décembre 1831 pour un
voyage de cinq ans. Durant tout le voyage, Darwin accumule
les observations. A son retour, il publie de nombreux textes
qui lui valent la célébrité et, en 1859, paraît l'ouvrage
qui révolutionne la pensée: De l'Origine des espèces. Il
meurt le 19 avril 1882. Il repose, à côté d'Isaac Newton,
dans l'abbaye de Westminster.
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L'essentiel
de l'oeuvre de Darwin est l'approfondissement
de deux idées: un certain nombre de faits inexplicables
deviennent compréhensibles si l'on admet que les êtres
vivants évoluent. Cette évolution est due à la sélection
naturelle.
Voyage d'un naturaliste autour du monde (1839)
Il s'agit des nombreuses observations zoologiques que
Darwin consigna lors de son voyage sur le Beagle. Elles sont
à l'origine de la mise en doute du dogme de la fixité et de
la permanence des espèces. C'est d'elles que viendra la
première intuition darwinienne, selon laquelle les espèces
peuvent évoluer.
De l'origine des espèces par voie de sélection naturelle
(1859)
Darwin y développe la thèse selon laquelle la nature
favorise les êtres vivants dotés de caractères avantageux.
La nature réalise ainsi une sélection naturelle tout à fait
comparable à celle que pratiquent artificiellement les
éleveurs. Les individus qui possèdent un avantage, même
léger, ont une capacité à survivre plus longue, ce qui
allonge leur période de reproduction et multiplie le nombre
de leurs descendants. Une variété qui se distingue du reste
de l'espèce par des différences infimes peut, avec le temps,
accentuer cette différenciation, devenant ainsi une
sous-espèce, voire une espèce nouvelle. C'est la fameuse
théorie de l'évolution. La première édition de l'ouvrage,
tirée à 1250 exemplaires, fut épuisée le jour même de sa
parution.
De la variation des animaux et des plantes sous l'action
de
la domestication (1868)
Darwin y expose une théorie de l'hérédité pour combler
une lacune de De l'Origine des espèces. Cette théorie sera
réfutée par Hugo de Vries, qui établit en 1900 les lois de
l'hérédité, qu'il appellera «lois de Mendel».
La descendance de l'homme et la sélection naturelle
(1871)
Dans cette oeuvre, Darwin développe ce qui était
implicite dans De l'Origine des espèces mais n'avait pas été
formellement dit: «l'homme descend du singe». Darwin pousse
très loin l'interprétation biologique de l'homme, assimilant
de nombreux traits de son psychisme à des instincts façonnés
par la sélection naturelle. Il jette ici les bases de ce
qu'on appellera le «darwinisme social», selon lequel la
société humaine est gouvernée par les mêmes lois de
sélection que la nature.
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La
théorie biologique de l'évolution
Charles Darwin n'est pas l'inventeur de la théorie selon
laquelle les êtres vivants évoluent naturellement. Cette
théorie a déjà été esquissée par Jean-Baptiste Lamarck dès
1809 dans les Recherches sur l'organisation des corps
vivants, et c'est la lecture des oeuvres d'Alexander von
Humboldt qui inspire à Charles Darwin, selon ses propres
dires, «l'envie brûlante d'ajouter ne serait-ce qu'une
modeste contribution au noble édifice des sciences de la
nature» (Vie et correspondance).
Darwin et les Lumières
Le formidable succès des théories darwinistes tient sans
doute au fait qu'elles venaient apporter une caution
scientifique à une idée chère aux Lumières: l'homme n'est
pas au centre de la création, c'est un animal parmi
d'autres. Il est apparu sur la terre par le même mécanisme
que les autres espèces animales et non, comme le dit la
Bible, par la volonté créatrice de Dieu.
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L'idée d'évolution est bien
antérieure à Charles Darwin, mais c'est lui qui la
débarrassa de toute fantaisie et
en fournit le premier une interprétation scientifique qui
pouvait s'imposer au monde.
L'évolution des espèces. Héritière des Lumières, la
thèse de Darwin a conforté les préjugés d'une époque qui
croyait en la perfectibilité de toute chose. Mais elle a
surtout permis d'écarter du discours scientifique toute
explication théologique de la création. Le processus de
«descendance avec modification» permet d'expliquer aisément
à la fois les grandes ressemblances et les petites
différences entre les espèces. Si une espèce se modifie,
c'est pour mieux s'adapter à de nouvelles conditions, et la
nature sélectionne les plus aptes.
Les adversaires de Charles Darwin. Dès 1860, l'évêque
anglican Samuel Wilberforce attaque la théorie de Darwin
parce qu'il y voit une doctrine antichrétienne: l'homme ne
peut pas venir du singe. Cependant, la négation de
l'évolution des espèces ne sera le fait que de
non-scientifiques et de croyants «intégristes», tels, encore
aujourd'hui, les «fondamentalistes» américains.
Actualité-postérité. Pendant un siècle,
l'évolutionnisme a fait figure de doctrine officielle, à
laquelle il fallait adhérer pour être considéré comme un
scientifique. Ensuite, les théories de Darwin commencèrent à
être remises en question. Mais des biologistes ont fait la
synthèse des découvertes postdarwiniennes et de la théorie
de la sélection naturelle. De cet effort est née une théorie
synthétique de l'évolution, où l'essentiel des conceptions
darwiniennes continue d'occuper une place centrale.
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