HUME &
L'EMPIRISME
Philosophie du donné qui considère que toute connaissance vient de l'expérience,
c'est-à-dire que l'esprit est une pure passivité, une simple faculté
d'enregistrer des réalités indépendantes de lui. On réserve le nom d'empirisme
au sensualisme, c'est-à-dire à l'empirisme qui considère comme seules données
les réalités de l'expérience sensible.
Principaux représentants :
Protagoras, Epicure;
Locke, Hume,
Stuart Mill;
Condillac,
Taine.
THÉORIE DE LA CONNAISSANCE
— A — Principes.
L'Empirisme est d'abord un procédé spontané qui consiste à agir en tâtonnant et
sans réflexion préalable. Érigé en méthode prétendue de la science, il
consisterait à se débarrasser de toute idée préconçue et à se refuser aux
hypothèses pour s'en tenir aux faits. Érigé en doctrine, il est la négation de
toute activité spécifique de l'esprit, de tout principe inné ou a priori : «
Il n'y a
rien dans l'entendement qui n'ait été auparavant dans le sens. »
— B — Les thèses de David Hume.
Traité de la nature humaine (Essai pour introduire la méthode expérimentale dans
les sujets moraux) 1739.
1 — La décomposition des phénomènes de l'esprit en leurs éléments (atomisme
psychologique) aboutit aux impressions et aux idées : « Toutes nos idées ou
perceptions plus faibles ne sont que les copies de nos impressions ou
perceptions plus vives ». Ces perceptions peuvent être externes ou internes.
2 — La vie de l'esprit est constituée par la combinaison de ces éléments selon
la loi de l'association
des idées (associationnisme), association par ressemblance (deux idées
s'évoquent l'une l'autre quand leurs objets se ressemblent) et association par
contiguïté spatiale ou temporelle (deux idées s'évoquent l'une l'autre quand
leurs objets ont été donnés à plusieurs reprises soit l'un à côté de l'autre,
soit l'un après l'autre) ;
3 — L'objet n'est ainsi qu'une somme de
qualités sensibles et l'esprit une somme d'idées : «
Le moi n'est qu'une collection d'états de conscience ».
— C — Conséquences.
« L'habitude est le grand guide de la vie humaine » (Hume) puisque le
fonctionnement de notre esprit et son contenu dépendent de nos expériences
passées. Notre raison n'est donc qu'un ensemble de préjugés : nous paraît
absurde ce à quoi nous ne sommes pas habitués et raisonnable ce qui nous est
familier. Ce que nous croyons être de raison n'est que de coutume et il s'ensuit
qu'il n'y a pas de vérité absolue, universelle et nécessaire. D'ailleurs comme
le remarquait Kant « l'universalité empirique n'est qu'une extension arbitraire
de valeur » ; l'expérience, en effet, est toujours particulière et n'autorise
pas une conclusion universelle. L'empirisme conduit ainsi au scepticisme qui
s'étend aisément du plan de la connaissance au plan de la morale.