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Forum de philo


L'homme moderne est écartelé entre la raison
et les sens, entre le savoir et la foi, entre la moralité et l'action.
Hegel tente de le réconcilier avec lui-même en démontrant
que la réalité et la pensée (l'individu empirique
et la froide raison) ne sont pas contradictoires.



Hegel a bien fait la synthèse de son temps. Pour lui,
les forces profondes de l'humanité ne peuvent être
ni les décisions de l'individu empirique (intuition romantique) ni celles de la froide raison (philosophie critique).

Les années d'étude
- Il naît en 1770 (la même année que Beethoven et Hölderlin). Son père est chef de la chancellerie à Stuttgart. Il y fait ses études, il étudie le latin, l'hébreu, les mathématiques et la physique.
- Études de théologie au «Stift» (séminaire protestant) de Tübingen. Avec ses condisciples, Hölderlin et Schelling, il lit Rousseau et Kant. Il s'enthousiasme pour les idées de la Révolution française, mais il est très vite déçu et réfléchit sur les raisons de cet échec historique d'une liberté trop «absolue».
- En 1790, il obtient le grade de «Maître de Philosophie» et renonce à être pasteur.
Les années de professorat
- De 1793 à 1796, il est précepteur à Berne, dans une famille aristocratique, et se donne pour tâche de «penser la vie».
- Il est ensuite précepteur à Francfort, puis, successivement, professeur de philosophie aux universités d'Iéna, de Nuremberg, de Heidelberg et de Berlin.
- Il meurt en 1831, victime de l'épidémie européenne de choléra.

Sa doctrine embrasse tous les domaines du savoir et reconstruit par la dialectique les aspects les plus divers de l'expérience humaine. En ce sens, on peut appeler Hegel l'Aristote des temps modernes.

Écrits théologiques du jeune Hegel (1795, publiés en 1907)
Ce qui prédomine, c'est un sentiment religieux de l'amour comme la forme suprême de l'être et de la vie.

Phénoménologie de l'esprit (1806-1807)
Elle veut être une histoire de l'esprit humain nous montrant comment la conscience s'élève de la connaissance sensible jusqu'au savoir absolu. Ce progrès de la conscience est le produit d'une évolution historique.

Science de la logique (1812-1816)
L'idée de logique est à la base du système philosophique de Hegel, mais elle dépasse de beaucoup la logique mathématique pour être la logique de toute pensée possible.

Précis de l'Encyclopédie des sciences philosophiques (1817)
Cette oeuvre est le résumé et le mode d'emploi de toute la philosophie de Hegel. Son but était de fournir à ses auditeurs et élèves un fil conducteur leur permettant de comprendre sa philosophie.
Leçons sur l'histoire de la philosophie (1819-1828)
L'idée directrice qui guide Hegel, c'est que les systèmes qu'il expose doivent être considérés comme les étapes successives d'un même développement: celui de la pensée humaine qui progresse dialectiquement au cours de âges. La toute dernière philosophie, la sienne, est le résultat de ce développement.

Principes de la philosophie du droit (1821-1831)
Hegel tente d'unifier deux domaines que Kant avait séparés: l'ordre juridique et la morale. Le droit est une volonté extérieure et l'ordre éthique une volonté intérieure. En unifiant l'objectif et le subjectif, il définit la notion de «moralité objective».

Leçons sur la philosophie de l'histoire (1822-1831)
Les progrès de l'humanité sont réalisés par des contradictions, des collisions aboutissant à un état de choses plus vrai. Les périodes de bonheur ne sont pas des périodes historiques. L'histoire universelle est le progrès dans la conscience de la liberté. (très célèbre, l'introduction de cet ouvrage a pour titre La Raison dans l'histoire.

Les méfaits des Lumières
C'est à la pointe des baïonnettes que les troupes de la Révolution française imposent la reconnaissance de cette réalité qu'est «le Peuple». Les violences que les révolutionnaires exercent à l'intérieur comme à l'extérieur sont la conséquence d'une erreur fondamentale: celle du XVIIIe siècle et de l'«Aufklärung» la philosophie des Lumières). Les Allemands ont le sentiment que l'État français s'est coupé de ses racines profondes et qu'il a perdu son essence historique. C'est le peuple allemand qui est resté proche de ses origines et c'est en lui que repose l'espoir de l'humanité.

Le romantisme allemand
La subjectivité créatrice va au-delà des possibilités de la raison. Il y a là une attitude anti-française qui est une réaction à l'impérialisme de la raison. Contre les pouvoirs excessifs de la raison, le romantisme (le «Sturm und Drang») tend à restaurer les droits du sentiment et la puissance du sacré. Hegel saura tirer du romantisme ses accents les plus profonds, tout en les soumettant à une vision rationnelle étrangère aux romantiques.

Pour Hegel, la philosophie a pour tâche de réconcilier l'homme avec le monde et avec lui-même.
Plus que quiconque, il a en effet ressenti la scission dramatique dont souffre l'homme moderne.

Une philosophie de la réconciliation. Scissions entre la foi et le savoir, entre Dieu et le monde, la raison et l'histoire, l'individu et la communauté, la religion et la politique, la moralité et l'action: l'homme moderne est écartelé. Mais il est possible de le réconcilier avec le monde et avec lui-même, car la pensée et la réalité ne sont pas contradictoires (contrairement à ce que disait Kant).
La logique. La pensée progresse en surmontant ses contradictions: elle va de la thèse à l'antithèse et à la synthèse: telle est la définition de la «logique dialectique». Cependant, il ne s'agit pas d'une simple méthode formelle, puisqu'elle débouche sur le discours métaphysique et qu'elle est le fondement de toute pensée possible et de toute science.
L'histoire. Considérée comme un mouvement spirituel, elle est une manifestation de la raison, conçue comme un principe divin auquel les hommes tentent de se conformer, inconsciemment ou non. La raison, en effet, gouverne les choses et utilise les passions des individus pour arriver à ses fins.
Postérité-actualité. L'hégélianisme est à la fois l'adversaire et l'interlocuteur des philosophes de la modernité. Sartre lui reproche une histoire tournée vers le passé. Pour Kierkegaard, Hegel a détruit la tension nécessaire qui est au coeur de l'homme. Marx, réfléchissant sur les écrits de Hegel, élabore sa théorie de la révolution de l'État.