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Le philosophe ne doit
pas se déterminer
par rapport à Dieu mais par rapport à l'homme.
Ce n'est pas la foi mais la raison qui peut procurer à l'homme
la liberté. La morale doit donc se libérer de toute référence
(comme les Églises) extérieure à la raison humaine.
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Le XVIIIe siècle est le siècle
des Lumières. Il affirme que ce sont les vérités de la
raison qui confèrent à l'esprit sa liberté, car il n'obéit
ainsi qu'à lui même et à la loi morale qu'il se donne.
La
vie à Königsberg
- Quatrième des onze enfants d'une
famille modeste, Kant ne quitta presque jamais Königsberg,
où il fut élève d'un collège piétiste, étudiant, puis
professeur à l'Université et mourut à l'âge de 80 ans.
- Il organisa sa vie de manière si régulière qu'on raconte
que sa promenade était devenue l'horloge des ménagères de la
ville. Par deux fois seulement, il modifia son habitude: un
soir, il ne sortit pas, captivé par la lecture de L'Émile de
Rousseau; un autre jour, il changea son itinéraire afin
d'aller au-devant du courrier apportant des nouvelles de la
Révolution française.
La période critique
- Pendant toute la période pré-critique (jusqu'en 1770),
il hésitera entre l'empirisme de Locke et le rationalisme de
Wolff. C'est la lecture de Hume qui, selon ses propres
termes, «le tirera de son sommeil dogmatique».
- En 1770, il est nommé titulaire de la chaire de
l'université de Königsberg. Commence alors la deuxième
période de son activité, la période critique pendant
laquelle il publie toutes ses oeuvres majeures. Sur sa ;
tombe ces mots devenus célèbres: «Le ciel étoilé au-dessus
de moi, la loi morale en moi.»
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Si la
Critique de la raison pure est l'oeuvre à laquelle
on a parfois réduit le kantisme, les deux autres Critiques,
ainsi que les Fondements de la métaphysique, font de Kant
un philosophe préoccupé par la nature et la liberté.
Critique de la raison pure (1781)
Dans cet ouvrage d'une portée immense, mais dont la
langue difficile peut rebuter le lecteur peu habitué, Kant
s'interroge sur la raison pure, donc théorique ou
spéculative, car ne venant pas de l'expérience. Il analyse
ce qu'elle peut faire et ce qu'elle est incapable de faire.
Car la connaissance sensible ne nous présente les choses que
comme elles nous apparaissent, alors qu'il faudrait parvenir
à une connaissance objective. Les mathématiques et la
physique sont devenues des sciences le jour où elles ont
reconnu la primauté de la raison: la métaphysique doit faire
de même.
Idée d'une histoire universelle au point de vue
cosmopolitique ( 1784)
Peut-être le texte de Kant le plus facile à lire. Dans un
exposé court, Kant se demande si l'espèce humaine a une
histoire déterminée par la nature. Il arrive à la conclusion
que l'espèce humaine doit se constituer en société civile
fondée sur le droit, impliquant une Société des Nations
garantissant un état de paix. Cette constitution politique
parfaite correspond selon lui au plan caché de la nature.
Fondements de la métaphysique des moeurs ( 1785)
Kant y établit les principes d'une morale. Il ramène l'idée
du devoir à celle d'un impératif catégorique et de
l'autonomie de la volonté. La loi morale doit nous
déterminer sans aucun autre mobile qu'elle-même.
Critiqué de la raison pratique (1788)
La raison est pratique lorsqu'elle intègre la loi morale
et la liberté dans sa réflexion. Kant exclut donc le
dogmatisme des morales fondées sur des principes matériels.
Il explique comment la loi morale suppose une foi
rationnelle dans l'immortalité de l'âme et dans l'existence
de Dieu.
Critique de la faculté de juger (1790)
En traitant du sens et de la valeur des idées de beauté
et de finalité, l'auteur essaye d'introduire par là des
intermédiaires entre le monde de la nature, soumis à la
nécessité, et le monde moral, où règne la liberté.
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L'autorité de la loi
Des penseurs comme Montesquieu et
Rousseau ont ouvert la voie aux législateurs de la
Révolution française. L'idée de solidarité entre les hommes
est devenue une notion centrale de la philosophie politique.
La grande idée du XVIIIe siècle, c'est celle du contrat
social. La loi est l'expression de ce contrat et représente
la légitimité de la volonté générale contre le désordre et
l'arbitraire des volontés particulières. L'homme, en
obéissant à la loi, n'obéit qu'à lui-même et ainsi il est
libre. C'est l'idée-force des Lumières.
Les Lumières
Il n'y a pas, au sens propre, une «philosophie des
Lumières», mais il y a un mouvement d'idées présentant des
caractères communs:
- le principe de l'autonomie de la raison («Aie le courage
de te servir de ton propre entendement»; telle est la devise
des Lumières);
- la méfiance envers toute autorité;
- les idées de tolérance, de Liberté et d'égalité;
- l'idée de progrès du savoir et de la civilisation, ce qui
implique le progrès moral. L'homme est donc perfectible.
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Kant a imposé un tel
changement de perspective qu'on peut
dire, avec lui, qu'il a réalisé, en philosophie, la
révolution
que Copernic avait accompli en astronomie. Plus personne,
après Kant, ne peut penser comme on le faisait avant lui.
Le projet kantien. A une philosophie qui prétendait
donner un système global de l'Univers, à une philosophie du
point de vue de Dieu, Kant substitue une philosophie du
point de vue de l'homme, qui n'a pour but que de répondre à
une seule question: que peut légitimement notre raison?
Cette question se subdivise en trois: 1. Que puis-je savoir?
2. Que dois-je faire? 3. Que m'est-il permis d'espérer?
La révolution copernicienne. Jusqu'à Copernic, le
Soleil était censé tourner autour de la Terre, en vertu d'un
à priori de caractère métaphysique. Après Copernic, on sait
que c'est la Terre qui tourne autour du Soleil, en vertu
d'observations scientifiques. L'homme ne modèle donc plus
les choses en fonction de sa pensée, il modèle sa pensée en
fonction des choses. Il en va de même en philosophie, qui
doit commencer par s'interroger sur ses propres possibilités
et sur celles de la raison.
Postérité-actualité. Kant a ouvert deux voies. 1. Il
a libéré la science de tout dogmatisme, notamment en
acceptant l'idée qu'une vérité scientifique peut être à la
fois provisoire et vraie. 2. Par l'autonomie de la
conscience, il a libéré la réflexion éthique de toutes les
autorités et, en particulier, de celle des Églises. Depuis
Kant, on peut penser la morale sans se référer à un principe
extérieur à la raison humaine.
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