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Locke est le
père de l'empirisme, doctrine selon
laquelle la connaissance doit être fondée sur l'expérience.
Ardent défenseur de la liberté individuelle,
il est aussi l'un des pères du libéralisme politique.
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A la fin du
XVIle siècle, les progrès des sciences
(mathématiques, physique, médecine) incitent certains
philosophes, notamment en Angleterre, à appliquer les
principes de la méthode expérimentale à la philosophie.
Le scientifique (1632-1688)
- John Locke naît près de Bristol, dans une famille
bourgeoise et puritaine. - Études à Oxford. Renonce à la
carrière ecclésiastique pour la médecine. - 1667: médecin de
lord Shaftesbury. Membre de l'Académie des sciences, il
participe aux débats scientifiques de son temps et écrit des
traités de médecine.
- 1682: lord Shaftesbury, impliqué dans un complot, est
inculpé de haute trahison. Locke, lui-même en cause, le suit
en exil en Hollande.
Le philosophe
- 1688: Locke revient en Angleterre après la Glorieuse
Révolution. Le règne de Guillaume d'Orange ouvre une période
de liberté politique. Il refuse un poste d'ambassadeur pour
s'adonner à la philosophie.
-1690: publie l'Essai sur l'entendement humain et deux
Traités sur le gouvernement civil.
- Se retire à Oates, près de Londres. Écrits sur l'économie
et en défense du christianisme.
- Locke meurt en 1704.
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La
philosophie de Locke vise avant tout à la solution de
problèmes pratiques. C'est pourquoi il a abordé les
problèmes les plus divers, de la médecine à la théorie de la
connaissance, de l'économie à la religion, sans aucun esprit
de système.
Lettre sur la tolérance (1689)
Locke établit le principe de la séparation entre l'État
et l'Église. Le pouvoir politique doit se borner à la
société civile et ne pas s'étendre aux problèmes religieux,
qui relèvent de la sphère privée. Dans un État laïc, toutes
les confessions sont également légitimes. Locke réclame la
liberté de conscience et de culte, principe essentiel de la
philosophie libérale.
Essai sur l'entendement humain (1690)
Cet ouvrage majeur de l'histoire de la philosophie
inaugure l'empirisme. Locke nie la réalité des idées innées
et affirme qu'il n'y a rien dans l'esprit avant
l'expérience. L'esprit humain vient au monde comme une
«table rase». Les idées sont produites dans l'entendement à
partir de la sensation et de la réflexion. On ne peut
connaître que ce qui est observable: la théologie et la
métaphysique sont disqualifiées. Par contre, les idées
mathématiques et morales ne renvoient qu'à elles-mêmes;
elles peuvent donc être connues par évidence intuitive et
démonstration.
Traités du gouvernement civil (1690)
Locke critique la monarchie absolue et héréditaire. Pour
lui, le pouvoir politique est issu d'un pacte social et doit
avoir pour but de défendre la liberté naturelle des
individus. L'État n'est pas une fin en soi. S'il ne
correspond plus à la volonté populaire ou s'il ne respecte
pas la justice, il se disqualifie. Locke fonde la doctrine
libérale de l'État et l'idéologie du laisser-faire.
Quelques pensées sur l'éducation (1693)
Puisque notre esprit se forme par l'expérience et
l'entraînement, l'éducation consiste à inculquer d bonnes
habitudes aux enfants. La maîtrise de soi e la principale de
ces habitudes.
Le Christianisme raisonnable (1695)
Ce traité est un plaidoyer en faveur d'une foi simple et
pure, à la fois «naturel le» et fondée sur les Écru tures,
débarrassée de tout dogmatisme théologique et indépendante
de toute Église.
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Empirisme versus rationalisme
Le xviie siècle est dominé par le
rationalisme cartésien. Descartes pense, comme Platon, que
la raison peut accéder à la connaissance en dehors de
l'expérience, en vertu des idées innées. Mais les erreurs de
Descartes en physique et la supériorité de Newton dans ce
domaine montrent la nécessité de tenir compte des données de
l'expérience pour établir des connaissances sûres.
L'empirisme, ou philosophie de l'expérience, domine la
philosophie dès la fin du xviie siècle.
La liberté politique
Le xviie siècle est en Angleterre une période de guerre
civile chronique, alimentée par les conflits entre, d'une part, les ligues et protestants et, d'autre part, le parlement et
le roi. Pour Locke, qui a souffert personnellement de ces
troubles, la liberté politique est essentielle. Il défend la
tolérance religieuse, le «droit naturel» des hommes à la
liberté et la séparation des pouvoirs.
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Médecin de formation, Locke
est l'initiateur de l'empirisme.
Cette doctrine, selon laquelle nos connaissances ne pro
viennent que de l'expérience, influencera tout le XVIlle
siècle.
Il est aussi l'un des premiers théoriciens de la liberté
politique.
La théorie de la connaissance. Analysant l'esprit
humain pour déterminer ce que nous sommes en mesure de
connaître, Locke conclut que toutes nos connaissances
proviennent des sens. Il inaugure ainsi l'empirisme qui
influencera toute la philosophie du siècle des Lumières.
La liberté politique. Locke considère que les hommes
naissent libres et égaux et que le rôle du pouvoir
politique, institué par un pacte social, est de défendre ces
«droits naturels» des individus. Sa réflexion est à la base
du libéralisme politique et traverse tout le XVIIIe siècle.
La tolérance religieuse. Refusant le dogmatisme des
Églises et la confusion entre pouvoir politique et
religieux, Locke affirme que toute religion est légitime
tant qu'elle ne porte pas atteinte à la liberté civile. Il
défend ainsi la laïcité de l'État et la liberté de culte.
Postérité-actualité. Locke influence toute la pensée du
XVIIIe siècle, tant du point de vue de la théorie de la
connaissance que de la pensée politique. Montesquieu
reprendra le principe de la séparation des pouvoirs,
Voltaire verra en lui le héraut de la tolérance, Rousseau
s'inspirera, en la critiquant, de l'idée du pacte social.
Hume et Kant tireront les conséquences de sa réflexion sur
les limites de la connaissance humaine. Quant à son
plaidoyer pour la tolérance religieuse, il devrait être
rappelé à chaque époque.
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