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Italie déchirée, divisée en petits
États. Nommé secrétaire de la Chancellerie de Florence,
il tirera pendant quatorze ans les leçons qui, par la suite,
nourriront ses analyses politiques.
- Naissance à Florence, dans
une famille de petite noblesse.
- Machiavel est élu, en 1498, secrétaire de la deuxième
Chancellerie qui a la charge des affaires étrangères, de
l'intérieur et de la guerre. Les rapports qu'il remet, très
appréciés en haut lieu, révèlent ses qualités d'observateur
et d'analyste.
- En 1501, il devient le bras droit de Soderini, élu
gonfalonier (officier de justice) à vie.
- En 1512, la retraite de Louis XII, allié des Florentins,
soumet Florence à l'arbitrage des Espagnols. Ces derniers
emportent la victoire sur la milice florentine, constituée
sur les conseils de Machiavel. Les Espagnols favorisent un
coup d'État qui permet aux Médicis de revenir au pouvoir.
Machiavel est révoqué, emprisonné, torturé, puis exilé. Il
se consacre alors à son oeuvre.
- Il mourra en 1527, après être parvenu à entrer en
demi-grâce auprès des Médicis.
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Ce sont les
fonctions de secrétaire de Chancellerie
qui permettront à Machiavel de rencontrer César Borgia. Ce personnage, fils du pape Alexandre VI Borgia, a joué un rôle déterminant dans l'oeuvre de Machiavel.
Le Prince (1513)
Cette oeuvre sera publiée en 1532. Machiavel, après
l'avoir achevée, fera parvenir un manuscrit à Laurent de
Médicis, petit-fils de Laurent le Magnifique. On ne sait
même pas si ce dernier l'a lu. En tout cas, il n'a pas
daigné en récompenser l'auteur. Le Prince, véritable traité
sur l'art de la politique, a un modèle historique: César
Borgia. Machiavel y loue les actions qu'il a pu entreprendre
pour établir un pouvoir politique fort en Romagne. Borgia
n'a reculé devant aucun moyen pour parvenir à ses fins, que
ce soit la force, la ruse, la violence. La politique, pense
Machiavel, a pour fondement les conflits entre les hommes.
Le but de toute politique est de maintenir la paix et la
sécurité. Pour cela, le Prince peut et doit utiliser tous
les moyens lui permettant de parvenir à cette unique fin.
Ainsi, la politique — voilà toute l'originalité de la pensée
de Machiavel — n'a que faire, dans un premier temps tout du
moins, de la morale. Elle n'est pas l'incarnation de valeur
telles que la justice, la liberté, le bonheur commun. Elle
est d'abord et avant tout action concrète se fondant sur un
seul principe: l'homme, par nature, est une bête violente et
égoïste qu'il faut parvenir à dominer.
Discours sur la première décade de Tite-Live (1531)
Ce livre s'inscrit dans le sillage du Prince. Il en
approfondit et en développe les idées principales. En
disgrâce, forcé de préférer la réflexion à l'action,
Machiavel, lisant Tite-Live, retrouve les sujets de
préoccupation qui ont toujours été les siens. Il compare la
santé de la République romaine à l'instabilité de la
République florentine. Le voilà donc à nouveau en train
d'examiner ce qui fonde le pouvoir, ce qui permet de le
conserver. Comment un Prince doit agir et conduire le
peuple? Comment la République peut éviter les conspirations,
les séditions, défendre sa puissance au moyen de la guerre?
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Une époque
mouvementée
- L'Italie est morcelée en petits États.
- Florence est le lieu d'affrontements de ses voisins. -
Charles VIII libère la ville de la tutelle des Médicis. -
Florence devient alors une République.
- La retraite de Louis XII, en 1512, signe la fin de la
République de Florence. - Les Médicis ne resteront
, au pouvoir qu'une quinzaine d'années.
- Charles Quint défait Jules de Médicis.
- Un soulèvement chasse les Médicis.
Un dévouement qui n'a pas été reconnu à sa juste mesure
- Machiavel n'occupait qu'un emploi subalterne au sein de la
deuxième Chancellerie. Cela ne l'a pas empêché d'être un
fonctionnaire diligent.
- Prêt à servir loyalement les Médicis, qui ne lui ont
accordé qu'une timide reconnaissance.
- Enfin, après la sac de Rome en 1527 et la chute des
Médicis, Machiavel sera écarté de toute fonction officielle.
- Il mourra peu de temps plus tard, après avoir vécu des
années de pauvreté et de solitude.
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Machiavel a conçu l'art
politique comme une pratique,
et non d'un point de vue théorique. La morale, la religion,
les idéaux philosophiques ne comptent pour rien.
Seule la fin justifie les moyens.
Machiavel est le premier
penseur à avoir isolé la pratique politique de toute
référence à un pouvoir divin (la religion ne doit pas fonder
l'autorité du prince. C'est au contraire à lui de savoir
l'utiliser pour parvenir à ses fins). De même, la politique,
pour être efficace, ne doit pas être limitée par le respect
de certains impératifs moraux. Elle est parfaitement
amorale. Seuls les buts qu'elle vise (paix et sécurité) sont
moraux. Enfin, Machiavel ne part d'aucun a priori
philosophique, comme l'a fait avant lui Platon, et après lui
Rousseau. Il observe, et à partir de ces observations en
déduit les principes concrets que doit observer tout homme
conduit à prendre en main le destin d'un État. La
philosophie politique de Machiavel est donc résolument
tournée du côté de l'action.
Postérité-actualité. Dès sa publication, en 1532, Le
Prince, devint une référence pour nombre de gouvernants.
Parmi eux, il faut citer Charles Quint, Henri IV, Christine
de Suède, Napoléon. Encore aujourd'hui, l'ouvrage ne laisse
personne indifférent et suscite des débats passionnés. Les
uns y voient une oeuvre sulfureuse, d'autres une réflexion
extrêmement lucide sur l'essence de la politique.
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