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représente un étrange paradoxe. Il est l'un des esprits
scientifiques les plus géniaux de son temps; néanmoins, il a
mis toute son intelligence et son art de convaincre au
service de la foi.
Le
scientifique et le mondain (1623-1645)
- Naissance à Clermont. Après la
mort de sa mère, son père magistrat et scientifique réputé,
s'établit à Paris et s'occupe lui-même de l'éducation de
Blaise et de ses deux soeurs.
- Manifestant des dons exceptionnels, Pascal est introduit
dans les milieux scientifiques parisiens. Il se fait
connaître par divers travaux de mathématiques et de
physique, et met au point une machine à calculer, la «pascaline».
- Les Pascal fréquentent la haute société, sont reçus à la
cour et dans l'entourage de Richelieu.
Vers Dieu (1646-1662)
- «Première conversion»: Pascal se tourne vers le
jansénisme et se lie avec les «Messieurs» de l'abbaye de
Port-Royal. Il se partage entre les travaux scientifiques, les relations mondaines et
la religion.
- La «nuit du Mémorial», consignée dans les Pensées, marque
sa «seconde conversion»: Pascal s'oriente vers un mysticisme
de plus en plus fervent. Sans jamais abandonner ses travaux
scientifiques, il se consacre à un projet d'apologie de la
religion chrétienne.
- Une grave maladie le condamne à une mort précoce. Il meurt
à 39 ans.
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Les oeuvres
de Pascal se divisent principalement en deux sortes: les
travaux scientifiques et les oeuvres religieuses. Toutefois,
dans De l'esprit géométrique et de l'art de persuader,
Pascal se révèle aussi un grand philosophe.
Essai pour les coniques (1640)
Écrit à l'âge de seize ans, ce traité de mathématiques,
premier écrit scientifique publié de Pascal, valut à son
auteur une admiration unanime et le rangea parmi les plus
grands savants de son temps.
Traité du vide (1651)
Ce fragment de préface pour un traité que Pascal
n'écrivit jamais constitue un plaidoyer en faveur de
l'expérimentation scientifique. En vérifiant par
l'expérience les hypothèses de Torricelli sur la pression
atmosphérique, Pascal confirme l'existence du vide dans la
nature, ce que niait la théorie scolastique et
aristotélicienne.
Traité du triangle arithmétique (1654)
Pascal déduit les applications de son célèbre triangle
et jette les bases du calcul des probabilités.
Les Provinciales (1656-1657)
Avec cet ouvrage polémique, rédigé sous forme de
lettres, Pascal prend la défense des jansénistes dans la
dispute théologique qui les oppose aux jésuites, notamment
sur la question de la grâce. Pour les jansénistes et pour
Pascal, les hommes, depuis le Péché originel, ne sont pas
libres de se sauver.
De l'Esprit géométrique et de l'art de persuader (1657,
publié en 1728)
Pascal montre que les mathématiques, comme toute
connaissance humaine, reposent sur des notions qui ne
peuvent être démontrées. Il souligne les limites des vérités
rationnelles, affirmant la supériorité des vérités du cœur
et des «vérités divines».
Pensées (1669-1670)
Ces notes et fragments publiés à titre posthume étaient
destinés à la grande Apologie de la religion chrétienne à
laquelle Pascal se consacra pendant les dernières années de
sa vie. Pascal cherche à convertir le lecteur, en
particulier le lecteur libertin et sceptique, à la foi en
s'adressant aussi bien à sa raison qu'à son coeur.
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Les
limites de la raison
L'époque de Pascal est marquée par
l'essor des mathématiques et des sciences expérimentales.
Les mathématiques connaissent un tel succès que Descartes
tente d'étendre le raisonnement mathématique à la physique
et à la métaphysique. Mais Pascal, brillant mathématicien
lui-même, est très vite conscient des limites d'un tel
projet. Les mathématiques, la raison, ne peuvent éclairer
certains mystères incompréhensibles pour l'homme, comme
celui de l'infini ou celui de la condition humaine. C'est
pourquoi Pascal sépare les vérités de la raison de celles,
infiniment supérieures, de la foi.
Le jansénisme
Pascal se convertit au jansénisme. Ce mouvement
religieux, issu de l'enseignement de l'évêque néerlandais
Jansénius (1585-1638), prône un retour à une foi stricte et
à une vertu rigoureuse dans l'espoir d'obtenir le salut. Le
jansénisme s'oppose ainsi à l'optimisme humaniste et au
triomphe de l'individu qui caractérisait la Renaissance. En
France, le jansénisme se heurte à l'hostilité des jésuites
et aux persécutions de la monarchie absolue, qui le
considère comme un foyer d'insoumission politique.
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Pascal tente de réconcilier raison et religion, mais,
contrairement à Descartes, il nie la primauté du «moi»
en soulignant la misère de l'homme et en affirmant la
toute-puissance de Dieu.
Le scientifique. Pascal
était l'un des grands mathématiciens de son temps. Avec
Fermat, il a posé les fondements du calcul des probabilités.
Leibniz s'est inspiré de ses travaux sur les coniques pour
mettre au point le calcul différentiel. En physique, il a
poursuivi les travaux de Torricelli et a été l'un des
pionniers de la méthode expérimentale. Il a fabriqué la
première calculatrice de l'histoire.
Le théologien. Pascal a mis ses dons intellectuels
exceptionnels au service d'une foi fervente. Il s'est ainsi
révélé aussi bon théologien que mathématicien. Mystique
doublé d'un logicien redoutable, il a su donner à ses
arguments en faveur de la foi une force presque irréfutable.
Postérité-actualité. Si le jansénisme a été officiellement
vaincu parce que sa conception tragique de la condition
humaine s'accordait mal avec la volonté de puissance et de
gloire de la monarchie, la mystique pascalienne a exercé une
influence profonde et durable.
On retrouvera la même critique de la vanité humaine chez les
moralistes du XVIIe siècle tels que La Rochefoucauld ou La
Bruyère.
A certains égards, Pascal annonce l'existentialisme chrétien
d'un Kierkegaard, voire l'existentialisme sartrien: croyant
ou athée, l'homme est condamné à la liberté et à l'angoisse
métaphysique.
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