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De
l'enseignement oral de Socrate, dont il fut le disciple,
Platon a laissé une oeuvre sous forme de dialogues:
celle-ci est en effet plus vivante que les exposés dogmatiques
et elle correspond mieux à la démarche philosophique,
qui est interrogation autant que certitude. |
  
Platon s'est
nourri de l'enseignement de Socrate. Comme lui, il pense que le Vrai est accessible à la raison humaine.
La mort de Socrate l'affecte profondément et le conduit à
orienter sa pensée philosophique vers une réflexion
politique. Platon naît à Athènes d'une famille aristocratique.
En -407, il rencontre Socrate, dont il suivra l'enseignement
pendant huit ans.
Platon se destinait aux affaires politiques, mais la
condamnation à mort de Socrate en -399 par les démocrates le
détourne de ce projet. Il n'assiste pas aux derniers moments
du philosophe et quitte Athènes. De cette époque date son
projet de repenser les problèmes politiques.
Il effectue une série de voyages, se rend en Italie où il
rencontre les pythagoriciens.
De -388 à sa mort, Platon oscille entre Athènes et la
Sicile. Il veut convertir le tyran Denys1er l'Ancien à ses
idées politico-philosophiques, mais il se brouille avec lui,
est exilé et même vendu comme esclave.
En -387, racheté et libéré, Platon revient à Athènes et
fonde l'Académie, première grande école de l'Antiquité.
Après des rappels et exils successifs en Sicile, il meurt à
Athènes en -347.
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Gorgias (v. -387)
Dans ce dialogue, Platon s'élève contre la rhétorique,
art mensonger, qui abuse de la puissance des mots et donne
le pouvoir aux tyrans. Il lui oppose la philosophie, dont le
but est de rendre le peuple meilleur.
Ménon (v. -387)
Après le Protagoras, une oeuvre de jeunesse, Platon
tente de définir ce qu'est la vertu et si elle peut
s'enseigner.
Phédon (v. -385)
Ce dialogue met en scène les derniers instants de
Socrate. Avant de boire la ciguë, Socrate expose à ses
disciples sa croyance en l'immortalité de l'âme.
Le Banquet (v. -385)
Cet ouvrage fondamental de Platon traite de l'amour. Le
philosophe y évoque le mythe des androgynes: autrefois, les
êtres humains possédaient les deux sexes. Mais Zeus, pour
les punir d'avoir cherché à escalader le ciel, les sépara en
deux. Depuis, chaque moitié recherche l'autre.
La République (entre -385 et -370)
C'est l'oeuvre majeure de Platon. A partir d'une
définition de la justice, Platon tente de déterminer ce que
serait le gouvernement idéal. Il distingue trois classes de
citoyens et analyse les différents types de régimes
politiques. Pour se rapprocher du gouvernement idéal, la
cité devrait se doter d'un philosophe-roi. De la politique,
Platon passe à la métaphysique...
Théétète (v. -368)
Platon tente de démontrer qu'une connaissance objective
est possible, contrairement aux philosophes qui affirmaient
la relativité de toute science, comme le sophiste Protagoras
ou Héraclite.
Parménide (v. -367)
Dans cet ouvrage, l'un des plus techniques de Platon, le
philosophe tente de répondre aux critiques qu'a suscitées sa
théorie des Idées. Il examine en particulier quel est le
rapport entre les Idées et les choses.
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Avant
Socrate, les philosophes «présocratiques» sont des
philosophes de la nature. Ils s'intéressent surtout à
l'analyse physique du monde. Au temps de Platon, Athènes est
encore une cité à son apogée héritage du «Siècle de
Périclès»). La vie culturelle se concentre autour d'Athènes,
où la démocratie voit le jour. Il est nécessaire d'éduquer
le peuple. Des philosophes -les sophistes - vont «enseigner»
aux citoyens riches. Ils critiquent les mythologies et
s'intéressent à l'homme dans la société. Pour eux, le Bien
et le Vrai ne sont pas des normes absolues; ce qui compte,
ce sont les besoins de l'être humain.
Face aux riches sophistes, Socrate le pauvre proclame que la
connaissance ne s'enseigne pas. La vraie connaissance vient
de l'intérieur et l'homme peut accéder aux vérités philosophiques s'il se sert de la raison. Sa
mort. affecte Platon, qui y voit une contradiction
fondamentale: la réalité de la société s'oppose à la Vérité
de l'Idée, qui doit empêcher une cité de condamner à mort
les hommes les plus justes.
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Depuis plus de 2000 ans,
les philosophes discutent
et critiquent les thèses de Platon. Son projet philosophique
constitue un système complet de recherche du Vrai, du Beau,
du Juste, du Bien. Il est indissociable d'un projet
politique.
Le platonisme. Platon est
en fait le fondateur de la métaphysique. Pour lui, notre
monde n'est qu'un (pâle) reflet d'un monde supérieur où
siègent les vérités éternelles telles que le Beau, le Bien
ou Dieu.
Le logos. Avec Socrate, Platon est le premier à affirmer que
l'homme peut connaître l'Univers en se servant de sa raison
(«logos» en grec), et non plus seulement en se référant aux
mythes ou à la religion. La raison devient l'instrument
principal de la philosophie.
Le gouvernement. Platon inaugure également la réflexion sur
la vie politique, à une époque où la démocratie est encore
jeune et où la pratique du pouvoir demande à être pensée.
Postérité-actualité. Platon marque les débuts de la
philosophie en tant que connaissance rationnelle du monde.
Dans un certain sens, on peut dire que toute la philosophie
n'est, par la suite, qu'une tentative pour répondre aux
questions qu'il avait posées.
Le platonisme garde toutefois un aspect mystique, ce qui lui
valut d'être «adopté» par les premiers penseurs chrétiens.
L'influence de Platon fut toutefois supplantée par celle de
son élève Aristote, philosophe plus logique et «terre à
terre», pendant tout le Moyen Age. Sa philosophie fut
redécouverte par la Renaissance humaniste et on peut
considérer la philosophie de Descartes comme un «retour à
Platon» après des siècles d'aristotélisme.
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